Année 2011

Revue de presse du 1er au 31 octobre 2011

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Aquitaine – BORDEAUX

Un concert en forme de revanche sociale ?

sud-ouest.fr - 8 octobre

Un groupe de Roms vivant dans l’agglomération bordelaise s’est produit sur scène le 8 octobre dans le cadre du festival d’art contemporain « Evento ».
Ce groupe sans nom de 8 ou 9 musiciens a partagé ses accents tziganes et mélodies orientales avec le public.
« C’est bien, quand on m’en a parlé j’ai dit oui tout de suite. Au squat, tout le monde dit que c’est bien », explique Dimitrov Zapryan, 22 ans, arrivé de Bulgarie il y a quatre ans.
A l’origine de cette initiative, le programmateur d’une association, Francis Vidal : « On a une opération qui s’appelle Boxe and soul, où des gens s’essaient à la boxe pendant qu’on diffuse de la musique. Et il se trouve que plein de jeunes Bulgares montent sur le ring. Puis on s’est demandé ce que ces jeunes écoutaient comme musique. Avec Sylvain Mavel, qui réalise un documentaire sur eux, on a été les voir dans leur camp de La Bastide. C’est là qu’on est tombé sur cette formation de neuf musiciens. On se disait que ces gens sont mal vus par tout le monde, mais ils sont toujours imperturbables, alors que nous, on pleurniche facilement. On a été très bien accueillis dans le camp. On a parlé de ça à une artiste de l’équipe de Pistoletto, en lui proposant de faire jouer les Roms pendant le festival, sur une vraie scène. Elle a tout de suite dit oui. Ces Roms sont des musiciens naturels, ils jouent pour la plupart depuis l’enfance. Voilà, c’est une jolie histoire… »
On leur souhaite qu’elle continue dans le succès.

LILLE / VAUBAN-ESQUERMES

Semaine « refus de la misère » : Roms en première ligne

Nordeclair.fr - 14 octobre

A Lille, la maison de quartier de Vauban-Esquermes accueillera de jeunes participants roms et non-roms, avec comme tremplin la semaine du refus de la misère.
Tous les soirs, un atelier graff est organisé avec une vingtaine d’enfants, en partenariat avec l’association Roms d’avenir et le collectif Abazedatome. « Parce qu’il nous tient à cœur de porter ces actions pour leur cause », confie Laurent, le chargé de communication. Dans l’espoir que les gens comprennent peu à peu, grâce à ce type de démarches, « que ce n’est pas ce qu’on entend à la télé ou à la radio ». Dans la foulée, la maison de quartier a aussi mis en place une collecte de fournitures scolaires pour les enfants roms scolarisés, et vise à la création d’un accompagnement scolaire.
Soulagement pour les soutiens des Roms
Lyoncapitale.fr – 21 octobre

L’épée de Damoclès levée des têtes indignées : les organisations de soutien des Roms, redoutaient une expulsion des 180 Roms installés rue de Surville à Lyon et chemin du Catupolan à Vaulx-en-Velin, mais la menace est provisoirement écartée.
Les forces de l’ordre seraient passées accompagnées d’un huissier le 19 octobre dans les deux bâtiments, les informant d’une expulsion prochaine. Les associations avaient exhorté la population à faire appel auprès de la préfecture concernant ces potentiels sans-abris. Finalement, il s’est avéré que la préfecture n’avait pris aucun arrêté d’expulsion contre ces campements. Tout le monde peut donc respirer – pour l’instant.

JUSTICE

FRANCE

Un retour « passager » pour 127 Roms

AFP – 11 octobre

L’aide au retour toujours aussi inutile : 127 Roms roumains ont regagné leur département d’origine, Vrancea, dans l’est de la Roumanie, le 11 octobre. Sans donner leur nom, ils confirment vouloir revenir en France, où « la vie est plus facile », aux alentours des fêtes de fin d’année.
Human Rights Watch, organisation de défense des droits de l’Homme, a tiré la sonnette d’alarme en pointant du doigt le comportement violent du gouvernement français à l’encontre des Roms. En France, dit-il, les Roms d’Europe de l’Est "sont toujours la cible d’évacuations de camps en série, d’éloignements injustes et de discriminations". Des difficultés que souligne MdM depuis longtemps sur le versant de l’intégration scolaire et de l’accès aux soins.

Les camps de Roms contaminés

20minutes.fr - 17 octobre

Médecins du Monde tire de nouveau la sonnette d’alarme : les cas de rougeole se multiplient dans les camps de Roms, avec seulement 12% des vaccinations à jour chez la population. Leurs conditions de vie les exposent aux maladies : gale, tuberculose et rougeole, maladies moins répandues, réapparaissent. Thérèse Nandagobalou, infirmière bénévole, ajoute que ces maladies « se diffusent ensuite à l’ensemble de la population.  »
«  Ces gens sont régulièrement victimes d’expulsion, nous ne pouvons plus assurer de suivi médical ou mener les campagnes de vaccination à leur terme  », regrette Marc Blancher, médecin.
1081 cas de rougeole ont été déclarés de janvier à mai, contre 151 en 2010 et 51 en 2009.

Bouches-du-Rhône - MARSEILLE

Marseille adopte un arrêté anti-mendicité

Liberation.fr - 17 octobre

Jean-Claude Gaudin a finalement cédé aux pressions : la municipalité de Marseille, comme celle de Nice et Montpellier, a adopté le 17 octobre un arrêté "contre les comportements portant atteinte à l’ordre public", entre autres, les actes de mendicité : "Il est interdit" sur un large périmètre du centre "de se livrer à toute forme de sollicitation ou appel à la quête de nature à entraver la libre circulation des personnes, la commodité du passage dans les voies et espaces publics, l’accès aux immeubles ou, de manière générale, à porter atteinte par ces comportements au bon ordre, à la tranquillité et à la sécurité publique", dit le texte recueilli par l’AFP.
Du Stade Vélodrome à la gare Saint-Charles en passant par le Vieux-Port, la zone concernée est large, pour cette première à Marseille. Cet arrêté intervient après une série de faits divers enchaînés sur toute la période estivale, pour « ramener la tranquillité sur l’espace public », dixit l’adjointe à la Sécurité, Caroline Pozmentier (UMP), qui récuse le terme d’"anti-mendicité". L’arrêté concerne également la consommation d’alcool sur la voie publique. Tout contrevenant se verra contraint à verser la somme de 38 euros au trésor public.

Pour Patrick Mennucci, de l’opposition (PS) « l’arrêté existant est inapplicable », tandis que le PCF parle d’une « chasse aux plus pauvres ».
La préfecture et la mairie se délèguent tour à tour la responsabilité d’une table ronde, tandis qu’une partie des 1500 Roms de l’agglomération s’est abritée dans une unité d’hébergement d’urgence gérée par la mairie, ou dans un hangar trouvé par des organisations de soutien.

Seine-Saint-Denis - BOBIGNY

Trois affaires de mendicité au tribunal

Leparisien.fr – 17 octobre

Didina, Maria et Genovita, trois jeunes femmes roms, ont été arrêtées respectivement fin août à La Courneuve, et en septembre au Bourget, alors qu’elles demandaient de l’argent avec leur enfant dans les bras. Motif : « privation de soins ».
Didina a été relaxée après une garde à vue, l’examen de l’enfant par un médecin, et son placement en famille d’accueil pendant un mois. Le bébé était normal en taille et en poids, et ne portait pas de trace de déshydratation, comme l’avait souligné Me Julie Launois Flaceliere, son avocat. « Le parquet doit reconnaître ses erreurs », avait-elle asséné.
Maria et Genovita, elles, sont menacées de 7 ans de prison et de 100 000 euros d’amende.
« Cette infraction est aberrante et la peine est démentielle, a estimé Me Braun. Le texte n’est pas conforme à la constitution (...) ainsi qu’aux droits communautaires et je vais demander la saisie de la Cour de justice de l’Union européenne ».
Le procès a été reporté au 7 novembre, à la demande du parquet de Bobigny « qui souhaite répondre à ces arguments ».

Isère - GRENOBLE

Terrible hiver en perspective

20minutes.fr – 21 octobre

Trois familles de Roms installées dans une habitation appartenant au conseil général à Saint-Martin-le-Vinoux en seront expulsées d’ici peu, sur ordre du Tribunal d’Instance de Grenoble. Gilles Kuntz, membre du collectif La patate chaude, commente : «  Des familles avec des enfants vont se retrouver à la rue et grossir les rangs des centres d’hébergement d’urgence. Cet hiver sera encore plus terrible pour eux, car l’Etat ne mettra les personnes à l’abri en journée que par niveau 3, c’est-à-dire seulement lorsqu’il gèle jour et nuit. »

Ile-de-France – PARIS

Un incendie dans un squat fait trois victimes

Metrofrance.com – 26 octobre

La PJ, envoyée sur les lieux d’un incendie dans un squat du 20e arrondissement de Paris le mardi 25 octobre au soir, n’a pu que constater les dégâts irréparables et relever la présence d’un corps calciné dans les vestiges du bâtiment. Deux blessés sont également à déplorer, dont un sapeur-pompier. La veille au soir, ce hangar situé rue des Pyrénées avait brûlé, alors qu’il abritait 114 personnes, dont 43 enfants. L’association la Voix des Roms va déposer plainte dans le cadre de l’enquête demandée par le parquet de Paris.
Le Collectif contre la xénophobie avait affirmé le 25 octobre, dans un communiqué, que des "individus en cagoule avaient attaqué la Maison des Roms, au 163 rue des Pyrénées, à coups de cocktail Molotov", lançant une procédure d’enquête en flagrance. "Il n’est pas question que nous en restions là, a appuyé Samir Mile, le porte-parole de la voix des Roms. Nous voulons avoir accès au dossier pour voir ce qui est dit à droite à gauche. Nous savons des choses, nous connaissions des gens. C’est certain, il y a des non-dits et encore quelques zones d’ombres à élucider". Le soir de l’incendie, selon une source, "il y avait un anniversaire, tout le monde était là".
Une autopsie du corps retrouvé est en cours, l’affaire aura des suites.
Une solution de relogement aurait été proposée à tous les anciens occupants du squat.

ACTUALITE FRANCE

Nouvelles sorties d’Arno Klarsfeld

Nouvelobs.com – 27 octobre

Arno Klarsfeld, le président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), a insisté sur les points forts de son discours anti-Roms dans une interview parue le 27 octobre dans « la Voix du Nord ». Pour lui, les Roms "devraient s’abstenir d’avoir huit enfants. Pour que les enfants puissent s’intégrer, il faut que les parents puissent s’en occuper (...). Ils doivent savoir que leurs enfants vont être pris par les mafias, mis sur le trottoir. C’est inconscient", a-t-il asséné. Ils "sont de longue date les Misérables avec un grand ’M’, chassés, pourchassés. Mais ils sont aussi victimes d’eux-mêmes, responsables de ne pas avoir su susciter une véritable élite qui ne soit pas cette ploutocratie qui vit de trafics et n’a pas intérêt à sortir son peuple de l’horreur. […] Pendant ce temps-là, la France ne peut pas revenir au temps de Dickens et tolérer des bidonvilles", a-t-il ajouté. Une référence à peine masquée aux camps de fortune des Roms. Arno Klarsfeld visitait alors le Centre d’accueil des demandeurs d’asile (CADA) dans le cadre de sa récente nomination à la présidence de l’Ofii. Dominique Paillé, son prédécesseur, avait, lui, exprimé des opinions en la matière allant à l’encontre de celles de l’UMP.

EUROPE

Belgique – BRUXELLES

Un toit pour les Roms

Rtbf.be - 6 octobre

Après deux semaines passées sans abri réel contre les intempéries, sept familles Roms ont été relogées par la commune de Schaerbeek (près de Bruxelles), dans un foyer réquisitionné pour eux.
Plusieurs personnes par pièce sur des lits de camp, c’est un peu sommaire, mais c’est mieux que leurs derniers mois dehors. Bernard Devos, délégué aux droits de l’enfant, s’est fait le porte-parole des Roms dans cette croisade auprès des pouvoirs publics.
"C’est la fin d’une période difficile et douloureuse, témoigne-t-il. De là à dire que tout est réglé, non, loin de là. En tous les cas, avoir un toit décent et se remettre en projet, c’était une étape indispensable."
Tant qu’ils sont au sec, on peut maintenant plancher sur leur régularisation, un tout autre sujet.

Roumanie - BUCAREST

Protestation des Roms de Bucarest

Courrier international – 3 octobre

« Dosta ! », (ça suffit !) ont scandé des centaines de Roms roumains qui défilaient dans les rues de Bucarest ce 1er octobre. Une marche pour "la fierté et la dignité", en soutien aux Roms de Roumanie et contre les actes de persécution dirigés contre leur peuple. "Habillés en costumes traditionnels, ils se sont rassemblés devant la Bibliothèque Nationale pour marcher vers la place Alba Iulia, entonnant des chansons de tradition romani", décrit Adevărul, un quotidien roumain. Il s’agit de la première marche de Roms dans l’histoire du pays, avant un recensement prévu en octobre. Les ONG et associations de soutien des Roms tentent de les amener à déclarer leurs origines lors de l’enquête. "En 2001, notre nombre était estimé à 500 000, mais en réalité nous sommes plus de 1,5 million", déclare Magda Matache, directrice exécutive de Romani CRISS. "Les jeunes sont stigmatisés s’ils déclarent leur ethnie et ceux qui ont une bonne position sociale ont honte". Ces manifestations ont eu lieu dans plusieurs pays européens.

PARIS / BUCAREST

Un défilé pour des droits

La Croix – 2 octobre

300 personnes ont défilé à Bucarest ce 1er octobre, et ils étaient plusieurs centaines également dans les rues de Paris pour défendre les droits des Roms, pour la première « Roma pride ». Paris s’amende avec cette marche festive, alors que la France est sous les projecteurs d’Human Rights Watch pour son traitement indigne des Roms d’Europe de l’Est.
A Bucarest : « Nous sommes ici pour montrer qu’être Rom est une fierté. Notre message est pour la solidarité et la dignité ainsi que pour l’affirmation de l’identité et de la culture rom », exprime Marian Mandache, membre de l’organisation Romani Criss.
A Paris : « C’est une revendication citoyenne d’égalité de droits. Le but est d’essayer de faire en sorte que les gens du voyage sortent d’une situation d’invisibilité dans laquelle ils avaient tendance à vouloir être par peur des représailles et du comportement des pouvoirs publics, et qu’ils s’impliquent dans une citoyenneté active », a expliqué le président de SOS Racisme Dominique Sopo.
Dans les deux villes, un seul but sous-tend l’événement : donner une visibilité aux « invisibles », donner envie aux Roms d’assumer leurs racines, même au cours du recensement d’octobre en Roumanie.
« Nous en avons assez des stéréotypes racistes, assez des discriminations raciales permanentes qui touchent les individus ou communautés roms au cœur de notre continent depuis trop longtemps, assez ! », ont déclaré des responsables d’associations antiracistes européennes en lançant la « Roma Pride ».

BULGARIE

Lynchage sur Facebook

Lemonde.fr – 10 octobre

Première à avoir relayé l’information sur les émeutes qui ont secoué la Bulgarie en partant du village de Katounitsa, Miroliouba Benatova est une des journalistes de bTV, une chaîne de télévision privée. Ayant mentionné dans une émission des « pogroms » et déploré l’inaction de la police face aux extrémistes venus manifester depuis Plovdiv, elle est devenue la cible d’attaques verbales et personnalité « la plus haïe de Bulgarie ». Après son reportage, des manifestants heureusement peu nombreux ont crié leur mécontentement devant le siège de bTV. Sur Facebook, plusieurs « groupes » incitant à la détester, et où les insultes pullulent, ont été créés.
Yana Buhrer Tavanier, directrice de la communication du Comité Helsinki, un organe de surveillance des droits de l’homme, a vu depuis quatre ans l’incitation à la haine raciale se renforcer sur les réseaux sociaux. « Des dizaines de groupes sont actifs sur Facebook, et l’épisode de Katounitsa leur a donné un coup de fouet », expose-t-elle. Dans ces groupes, qui demandent à ce que les Roms soient chassés ou à ce "qu’on en fasse du savon", on en trouve aussi qui rebondissent sur l’affaire du jeune homme écrasé à Katounitsa. 50.000 personnes ont adhéré au groupe pour que sa mort se paye « œil pour œil, dent pour dent ». Ces groupes servent de relais aux rassemblements et aux fausses informations, comme de faux accrochages entre Roms et Bulgares.
Yana Buhrer Tavanier fait tout son possible pour les faire supprimer, en les signalant auprès du réseau social. "Leur lenteur est désolante, désespère-t-elle. Il leur faut parfois un mois pour réagir. Tout simplement parce qu’ils n’ont personne qui parle bulgare... Heureusement, j’ai un ami qui travaille là-bas, on arrive parfois à supprimer des groupes en quelques jours."

La Bulgarie sur une pente glissante

Le Monde – 19 octobre

"La vente et l’achat de voix sont des crimes." Ce slogan, placardé avec les affiches de campagne dans les rues bulgares en période électorale, semble ne pas vraiment avoir d’impact.
Le dimanche 23 octobre, jour des élections présidentielles et municipales bulgares, le maire, pour lutter contre la corruption, a fermé les bureaux de vote des quartiers roms, comme à Iztok, un quartier de la ville de Kyustendil (sud-est bulgare), pour les encourager à aller voter en centre-ville, où les bureaux de vote sont plus faciles à contrôler pour les autorités.
"Qui va payer le ticket du bus que je devrai prendre pour aller voter ?", argue une des 5700 inscrits sur les listes électorales de la ville.
Cette décision interpelle les médias sur la récurrence du phénomène. Le quotidien 24 Chasa a par exemple effectué une « simulation d’achat » dans le ghetto turco-rom de Plovdiv, aux 50.000 âmes presque sans toit.
Arrivés au volant de grosses berlines noires, ils sont repartis en trois heures avec une promesse à 30 levas (15 euros) la voix. « On aurait pu travailler pour un parti d’extrême droite prônant l’extermination des Roms, ça aurait été pareil. » témoigne Milen Petrov, un journaliste. Roms, mineurs, entrepreneurs, fidèles musulmans, toutes les populations susceptibles d’une quelconque influence sont menacées des pire maux si elles ne respectent pas les consignes de vote données. On peut également acheter les assesseurs du bureau de vote pour s’assurer d’avoir tous les maillons de la chaîne dans la poche. Pour l’ONG Transparency International, entre 12 et 14 % des bulletins de vote ont été achetés ou « contrôlés » depuis 2003, ce qui peut véritablement influencer un résultat d’élection dans un contexte abstentionniste.
Une étude de l’Open Society démontre que 30 à 40 % des électeurs bulgares pourraient potentiellement accepter de l’argent contre leur vote, ce qui n’étonne pas dans un pays où le salaire minimum est de 110 euros.

HONGRIE

La marche des milices hongroises sur Gyongyospata

L’humanité - 4 Octobre

En juillet, les néofascistes ont gagné les élections municipales hongroises. Pendant la présidence hongroise de l’UE, la première mesure du parti Jobbik, soutenu par des milices fascistes, a été de mettre les chômeurs, donc la plupart des Roms, au travail forcé.
La menace : suppression des allocations sociales.
Le travail en question : défricher seize hectares à flanc de colline, à une demi-heure du village, sans l’ombre d’un abri contre soleil ou pluie, avec des outils mauvais ou bricolés, aucune sécurité (gants usés) et sans commodités (toilettes à 10 minutes à pied). Les demandes de congés pour travail saisonnier ont été refusées, comme deux certificats médicaux. Ici, le code du travail n’a pas cours. Au début, le salaire semblait correct (200 euros, ce qui dépasse le salaire minimum hongrois), mais lorsque les familles sont endettées, le salaire est ponctionné directement.
Les conditions de travail restent aberrantes : on les filme de loin une fois par jour, et les milices fascistes de la Magyar Garda et des Vederö (Forces de défense) se sont installées dans la ville sous prétexte « de l’insécurité liée aux Roms ».
Les miliciens urinent devant les portes, défilent dans les rues et chantent des hymnes nationalistes dès 6h30 le matin, et quand les Roms se défendent, ils sont inculpés.
Lorsque le Jobbik a gagné les élections en juillet, les milices ont été dissoutes, mais l’idée de travail obligatoire reste sur la table pour une loi à venir.
Une commerçante du village récapitule le problème hongrois : «  Depuis les marches, les touristes ne viennent plus. On n’a jamais eu vraiment de problèmes avec les Roms. Ils disent qu’il y a eu des vols de poules dans leur quartier, mais ça s’arrête là, dit-elle. Le problème, c’est l’emploi. Depuis vingt et un ans, la sucrerie a été privatisée, puis fermée. Il n’y a plus de travail pour les Hongrois, alors pour les Roms…  »


 
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