Année 2011

Revue de presse du 1er au 31 décembre 2011

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Bouches-du-Rhône - MARSEILLE

Les élus interpellés au sujet de la table ronde promise

20minutes.fr - 12 décembre

Les collectifs soutenant les Roms se sont réunis à 11h30 ce 12 décembre devant la mairie de Marseille, pour interpeller les élus et apeller à «  la fin des démantèlements des camps de Roms et la tenue urgente d’une table ronde ». Les organisations à l’origine de cette initiative précisent leur pensée : «  la ville de Marseille et la communauté urbaine refusent encore à ce jour de se démarquer d’une politique indigne, alors que des solutions existent  ». Michel Bourgat, adjoint au maire, renvoie la balle : «  On demande à une ville de régler un problème international ».
Caroline Godard, de Rencontres Tsiganes, rétorque : «  Alors pourquoi par exemple le maire de Strasbourg a mis à disposition un terrain pour accueillir les familles. C’est une volonté politique : la ville a du foncier. Il suffit juste qu’elle le mette à disposition.  » A Marseille, un millier de Roms vivent, ballottés de terrain en terrain. Cent familles sont menacées d’expulsion dans le 15e arrondissement. Le tribunal a jugé, le 25 octobre, que « le trouble à l’ordre public est généré par l’impossibilité pour cette communauté de pouvoir s’implanter sur des terrains mis à disposition par la municipalité et la communauté urbaine  ».
Dans le 3e arrondissement, sous la pression de la Fondation Abbé Pierre, de l’Ampil et de la région PACA, dix familles Roms (40 personnes, dont la moitié d’enfants) sont hébergées dans un vieil hangar, où sont parquées leurs caravanes et mobil-homes.

Haute-Garonne – TOULOUSE

Le maire de Toulouse interpelle le préfet sur les sans-abri

ladepeche.fr – 13 décembre

« La situation concernant les places d’hébergement d’urgence pour les personnes sans domicile stable est plus qu’inquiétante », écrivait Pierre Cohen le 12 décembre dans une lettre au préfet. Les secours sociaux (115) ont averti le député-maire de la situation, pour le moins préoccupante, des sans-abris. « Les refus enregistrés en 2010 étaient de 30 à 60 par jour, aujourd’hui ils sont de 100 à 170, dont beaucoup de familles avec enfants », détaille Pierre Cohen dans son courrier.
« Je vous demande au titre de la compétence de l’État en matière d’hébergement d’urgence, de bien vouloir me faire part des dispositions que vous envisagez de prendre pour répondre, à l’approche de la période hivernale et des déclenchements de Plan Grand Froid, à cette demande croissante de mise à l’abri », termine le maire. Toute personne à la rue est dirigée, lorsqu’il fait 0°C à l’extérieur, vers le centre du Grand Ramier, qui peut en accueillir une cinquantaine. Il faudrait pouvoir héberger le triple. La préfecture n’a pas encore réagi aux arguments de Pierre Cohen.

Rhône – LYON

Les expulsions de Roms, illégales ?

Lyon-info.fr – 13 décembre

La Cimade, qui défend les droits des étrangers en France, s’est exprimée mi-décembre dans une lettre ouverte au préfet du Rhône, pour dénoncer les mesures d’exception dont les Roms sont victimes. La lettre parle d’« atteintes quotidiennes aux droits, disproportionnées, coûteuses et inefficaces ». Myriam Matari, une des avocates de la Cimade, explose : « Les préfectures continuent à prendre des arrêtés, même s’ils sont cassés par les tribunaux, en espérant que les personnes concernées n’osent pas se défendre ». Les expulsions se multiplient, accélérées par une réforme récente du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile(CESEDA), introduisant la possibilité d’expulser des ressortissants européens, même arrivés en France depuis moins de 3 mois, s’ils sont présents « dans le but essentiel de bénéficier du système d’assistance sociale ». Les organisations de soutien sont formelles : à Vénissieux, un centre d’accueil et d’hébergement d’urgence, des Roms ont reçu des OQTF. Motif donné à chacun : « occupation du centre social de la commune de Vénissieux où il sollicite un hébergement d’urgence ». Depuis ce sombre été 2010, la Cimade a épaulé 64 Roms au tribunal, dont 40 cas victorieux. L’avocate raconte les conditions de contrôle, les petits matins blafards, les fiches de renseignements que les expulsés signent sans en connaître le contenu faute de traduction…
La Cimade se demande, même si la police crée une fiche par individu contrôlé, s’il ne s’agirait pas d’un« détournement de procédure » pour masquer des « expulsions collectives », celles-là même qui sont dénoncées et interdites par la Commission Européenne. Le Tribunal administratif ne réagit pas à ces assertions, et les juges continuent de traiter les affaires au cas par cas, au grand dam des avocats de l’association.

Val-de-Marne

C’est Noël avant l’heure pour des enfants roms

leparisien.fr – 18 décembre

L’association Ose a pris une belle initiative le 17 décembre en faisant venir le père Noël dans trois camps de Roms du Val-de-Marne. A Bonneil, Ivry et aux portes de Paris, les enfants ont reçu des jouets et des sucreries, tandis que les parents se sont vus offrir des vêtements chauds pour l’hiver.

Pays de la Loire – NANTES

Un contrat d’engagements réciproques avec les Roms - La Montagne

Ouest-France - 19 décembre 2011

La Montagne, municipalité humaniste, a signé un contrat d’engagements mutuels avec l’association Romsi et les quatre familles Roms vivant rue du Bac depuis fin juin 2011, alors qu’elles allaient être expulsées d’Indre. Le maire, Liliane Plantive, rappelle la teneur de ce geste : « C’est un acte fort dont je suis fière, a tenu à souligner le maire, Liliane Plantive. Et un moment important de la vie de notre commune. Nous refusons d’expulser les populations minoritaires. Nous avons donc décidé d’accueillir ces familles et nous souhaitons cheminer avec elles vers l’intégration. On sait que ça va être un travail de longue haleine avec des droits et des devoirs que nous avons cosignés et que chacun va être tenu de respecter. » Le contrat devrait durer au minimum six mois et peut être reconductible.
Jacqueline Grégoire, l’adjointe à la solidarité de la commune, a porté le projet et en est tout à fait satisfaite, tout en ayant conscience de sa difficulté. « Les familles Roms sont arrivées sur notre territoire dans le dénuement le plus total. Aujourd’hui, même si les conditions restent précaires, elles vivent dans des conditions d’hygiène acceptables, la vie s’organise sur le terrain qu’elles occupent et les enfants sont tous scolarisés depuis le mois de septembre. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour elles. Maintenant, c’est à elles de s’adapter aux règles et aux lois qui régissent notre pays. »

Nord - LILLE

Un « arbre de la solidarité » pour n’oublier personne

La Voix du Nord – 22 décembre

Une fête de Noël pour tout le monde, c’était le but recherché ce samedi de mi-décembre à la maison de quartier Vauban-Esquermes. Tirés des marécages dans lesquels ils vivent actuellement (les camps sont détrempés par la pluie), les Roms et leurs parents ont pu oublier et savourer des moments festifs, pendant cette fête organisée à l’initiative de la LdH.
Chocolat chaud, brioche, pochettes surprise, musique et repas... « Il y a des fêtes de Noël dans tous les quartiers en ce moment, mais les Roms y sont très rarement conviés. Alors, en partenariat avec la Ligue des droits de l’homme, nous avons décidé de monter cet "arbre de la solidarité". Mais attention, nous ne faisons pas de charité, explique Malika Rakem, la directrice de la maison de quartier. Nous sommes là pour partager tous ensemble un temps d’échange et de fraternité, certainement pas pour faire du service humanitaire en vue d’obtenir notre rédemption. »
Tout s’est très bien passé, des cours de capoeira donnés aux jeunes à l’activité frénétique en cuisine, en passant par des discussions entre « anciens »… une belle trêve dans le quotidien.

FRANCE

Le cadeau de Linda

nouvelobs.fr – 22 décembre 2011

La période est bien choisie pour Linda Mihai, une jeune femme rom de 21 ans ayant obtenu en 2010 le titre de Meilleure apprentie de France. Titre grâce auquel elle a pu aller retirer sa carte de séjour le 20 décembre, à quelques jours de Noël, et qui lui permettra de pouvoir signer un contrat de travail et de travailler sur le brevet de maîtrise de sa spécialité, le pressing. Arrivée en 2005 en France, la jeune femme s’est battue pour apprendre le français, pour faire son CAP, et obtient les honneurs aux salons du Sénat le 23 février 2010. Puis le combat pour le droit de rester vivre et travailler en France : une demande auprès de la préfecture de l’Essonne en 2010, restée lettre morte, puis une nouvelle en novembre 2011, enfin positive. Enfin un logement fixe près de son lieu de formation, plus d’errances en région parisienne avec ses parents et ses quatre frères et sœurs.
"Quand on a une chance, il faut la saisir", affirme Linda "C’est pas facile d’être tout le temps rejeté", mais "on peut aussi y arriver dans la vie", conclut-elle.

JUSTICE

Lozère - MENDE

Un écolier mendois menacé d’expulsion

Midilibre.fr – 3 décembre

Une famille de Roms est menacée d’expulsion à Mende, en Lozère, sous le coup d’une OQTF remise par la préfecture. Depuis leur arrivée au printemps, le petit de deux ans, Martin, a pu être scolarisé. C’est grâce au soutien des enseignants, au Réseau Education sans frontières et à la Cimade que leur dossier sera peut-être examiné par la CNDA (Cour nationale du droit d’asile).
"Quel sera le sort de ces enfants s’ils partent dans la nature ?, interroge Mado Deshours, de la Cimade. Martin n’aura plus aucune chance de mener une vie normale."
Une manifestation avait lieu le jour même, sur le marché de Mende, pour appeler à ne pas renvoyer cette famille vers un avenir plus qu’incertain.

Isère - GRENOBLE

Les Roms de la rue St-Germain en sursis

20minutes.fr - 6 décembre

Depuis le 3 décembre, personne ne dort rue Mallifaud. Une quarantaine de Roms venus d’Ex-Yougoslavie habitant dans un squat rue St-Germain à Grenoble en ont été expulsés après un incendie accidentel. Certains ont été envoyés au centre de rétention administrative de Lyon, d’autres ont été rendus à la rue. Réfugiés dans une maison vide, cibles d’agresseurs anonymes, les familles sont heureusement soutenues par le collectif La Patate Chaude. La police passe et repasse devant la maison, qui, selon le collectif, a déjà été aspergée de gaz lacrymogène. Le 6 décembre, on les a éconduits de l’hébergement d’urgence, où ils auraient dû avoir droit d’asile. Le directeur du lieu, La Relève, s’en défend. « Nous n’avons jamais dit aux Roms de la rue Germain que nous pouvions les héberger. Nous avions la liste : seuls deux ménages rentraient dans ce cadre mais, comme l’a dit la préfecture, 90 % d’entre eux étaient déboutés du droit d’asile. Les forces de l’ordre sont donc intervenues pour ramener le calme mais sans aucune interpellation.  »
Rue Mallifaud, on attend tristement le couperet : «  Des policiers en civil sont passés : on sera expulsé d’ici la fin de semaine.  »

Val-de-Marne

Incendie dans un camp de Roms

Leparisien.fr – 25 décembre

Sept habitations de fortune ont été détruites par le feu dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 décembre, dans le camp de Roms situé à côté de l’hôpital Charles-Foix, à Ivry. Personne n’a été blessé, le foyer a été éteint rapidement : « un réchaud a pétrole a pris feu », a expliqué un membre du collectif de soutien aux Roms. La trentaine de sinistrés a été accueillie par d’autres habitants du terrain, qui compte plus de 300 âmes.

Seine-Saint-Denis – BOBIGNY

Expulsion tragique

Par Europe1.fr – 15 décembre 2011

Alexandra, 10 ans, petite roumaine scolarisée à Bobigny, s’est retrouvée sans ses parents dans le froid de décembre. Son père a été expulsé le 8 décembre, et sa mère le 14, après avoir tenté un appel. La fillette vit dans un camp de Roms avec son frère de 23 ans, et n’ose plus dormir dans la caravane de ses parents. La directrice de l’école d’Alexandra s’insurge contre ces mesures injustes : "Le fait qu’on puisse arracher des petites filles à leurs parents en France est quelque chose qui doit faire plus que révolter les gens", et lui rappelle"1942". « Il y a un recul dans le temps qui rappelle des dispositifs qu’on croyait honnis par la République française", ajoute-t-elle, profondément révoltée. La préfecture n’a pas réagi, et Alexandra continue à aller à l’école, en attendant de revoir sa mère qui tentera de revenir en France « par tous les moyens ».

EUROPE

Suisse - GENEVE

Un combat contre la répression de la mendicité

Tribune de Genève – 8 décembre

Taxée d’« inhumaine, coûteuse et inefficace », l’attitude punitive de la loi genevoise contre la mendicité est dénoncée par un collectif genevois attaché aux droits de l’homme et des étrangers. Cartitas Genève, Mesemrom, le Centre social protestant (CSP), alliés au PS et aux Verts, ont lancé une pétition le 8 janvier, visant à supprimer cette loi. Taxer ou emprisonner les démunis coûte cher et n’a aucune influence sur la concentration de mendiants à Genève. « Inhumaine, inefficace », le collectif ne démord pas de sa position. Thibaut Lorin, membre de Mesemrom, explique à ceux qui parlent d’un « appel d’air » entraîné par la suppression des amendes : « Il y a environ 50 à 150 Roms à Genève. Et il n’y en aura pas davantage, simplement parce que les places de mendicité ne sont pas infinies. Il y a une sorte d’autorégulation ».
Les mesures à mettre en place pour réguler la mendicité ? Des actions sociales, un travail en lien avec la Roumanie, préconie Alain Bolle, directeur du CSP.

Italie- TURIN

Violences dans un camp de Roms

Lci.tf1.fr – 11 décembre

Une accusation de viol inventée par une jeune Italienne qui avait « peur d’être grondée » par sa famille pour la perte de sa virginité, a dégénéré en raid punitif contre un camp de Roms à Turin. A la suite de sa déclaration, une centaine de personnes, parties pour une marche pacifique, ont fini par incendier le camp du quartier Vallette où vivaient ses soi-disant agresseurs. C’est le frère de la victime, amené sur place par les carabiniers, qui a mis fin aux violences en dévoilant le mensonge. Aucune victime n’a été à déplorer, mais deux hommes de 20 et 59 ans ont été arrêtés pour violences aggravées.
Le maire de Turin (Parti démocrate, gauche) a déclaré : "Non aux lynchages qui veulent faire prévaloir la haine et la violence".

Suisse – LAUSANNE

Discrimination au Mc Donald’s

24heures.ch – 23 décembre

Le mardi 20 décembre, Mc Donalds de Lausanne, place Saint-Laurent, une jeune femme d’origine Rom s’est vue refuser le droit d’être servie, au motif clair de son origine ethnique. Claire Ansermet, cliente, a assisté à la scène, et a porté plainte auprès de la Commission fédérale contre le racisme. L’article 261 du code pénal punit tout acte de discrimination d’« une personne ou un groupe de personnes en raison de la race, de l‘appartenance ethnique ou de la religion ». Le secteur compte apparemment une grande population de mendiants, et les commerçants réagissent de façon disproportionnée.
La police cantonale a rappelé que l’obligation de servir a disparu de la loi de 2003 pour les auberges et débits de boisson. La liberté contractuelle s’applique alors, et le client s’estimant discriminé peut porter plainte auprès des autorités, ou du ministère public.
Pour Mc Donald’s Suisse, l’affaire de discrimination est de taille, et si elle finit au tribunal, aura des conséquences.


 
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