Année 2012

Revue de presse du 1er au 29 février 2012

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Gironde - BORDEAUX

Engagés pour les Roms

sudouest.fr -10 février

Jérôme Lobao et David Dumeau ont été recrutés en tant que médiateurs auprès des populations de migrants par la ville de Bordeaux. Avec un bagage consistant – l’un, Jérôme, est président d’association et ancien assistant parlementaire, l’autre, David, est bénévole auprès de MdM sur la mission Roms et parle le roumain et le romanes, ils sont présents sur tous les terrains.
Jérôme atteste : « Notre rôle est de les guider vers une intégration, l’accès au travail, à la formation, à la scolarité pour les enfants. »
La mairie les a appelés à la rescousse lorsque les habitants du terrain situé avenue Thiers ont reçu de quoi construire des cabanons.
David reste modéré : « Nous ne sommes pas là pour éradiquer les squats, commente David Dumeau. Plutôt les résorber, sortir de là par le haut, grâce à l’intégration et le boulot. Nous connaissons le contexte, la culture des migrants, la législation. Les communautés sont différentes. D’un squat à l’autre, les règles changent. Il faut comprendre les stratégies migratoires. Certains d’entre eux souhaitent rester, s’installer, d’autres ne font que passer. Les avions humanitaires ont créé des flux artificiels qui compliquent le boulot. » Entre les réunions pour la coordination de tous les acteurs liés aux migrants (la mairie, les services sociaux, les collectifs associatifs) et la présence sur les terrains, les deux médiateurs ne chôment pas. « On fait de la régulation par rapport aux impacts négatifs des squats, reprend David. Et aussi un travail d’accompagnement à l’intérieur, un prédiagnostic pour intégrer la Maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS), avec la création d’ateliers, cours de français. On n’est pas les seuls médiateurs sur le terrain, les instits qui interviennent sur les squats en sont d’autres. »
Les deux jeunes hommes semblent ravis de leurs quelques mois de CDD passés auprès des migrants : « On a le sentiment d’être respectés, légitimes et écoutés. On apporte notre expertise, mais notre tâche est désormais professionnalisée. Avec la ville on a des regards croisés, enrichissants », expose Jérôme. « Il y a une volonté sincère de trouver des solutions humaines avant l’expulsion. À ce titre, la volonté politique de la mairie de Bordeaux est d’avancer sur le sujet, même à contre-courant du gouvernement. »

JUSTICE/ ACTUALITE

Seine-et-Marne - CHAMPS-SUR-MARNE

Incendie dans un camp de Roms

Leparisien.fr - 3 février

Le camp de la cité Descartes a flambé mercredi 1er février au soir.
Un habitant du camp, Ionut, parle d’un incendie criminel, tandis que la police écarte cette théorie. Les dix-huit Roms ont été relogés dans un gymnase à Melun par le Samu social, et l’Ofii leur a proposé l’aide au retour, précisant « que huit d’entre eux ont accepté et que la même offre sera probablement faite aux dix autres, également connus de l’organisme ».

Rhône - LYON

Un incendie ravage un camp de Roms

Rue89Lyon - 5 février

Il ne reste pas grand-chose des quinze baraquements et caravanes installés non loin de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME), le long du périphérique de Lyon.
Une cinquantaine de Roms de Roumanie ont vu leur camp partir en fumée dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 février. Les pompiers ont très vite maîtrisé le feu mais la circulation du périphérique a été coupée dans les deux sens pendant 2 heures. Les habitants du camp ont été pris en charge et abriter dans un gymnase à Bron, non loin du camp où ils s’étaient installés.

Val-de-Marne – IVRY-SUR-SEINE

Menace d’expulsion sur un grand campement de Roms

Leparisien.fr - 6 février

Les 200 Roms installés sur un terrain vague voisin de l’hôpital Charles Foix depuis l’hiver dernier pourraient être expulsés sous 48 heures. Pour les associations, ils auraient reçu une assignation le 4 février. La plainte reçue par le tribunal administratif de Melun vient de la APHP - Assistance Publique Hôpitaux de Paris qui est propriétaire du terrain. Les habitants du camp avaient déjà obtenu un sursis au printemps dernier.

Val-de-Marne – Boissy-Saint-Léger

Nouvelle menace d’expulsion pour six familles

Leparisien.fr – 9 février

Une vingtaine de Roms, dont huit enfants vivant depuis l’automne dans un bâtiment inoccupé qui appartenait à l’époque à Nestlé, risquent l’expulsion. Situé sur les lieux de la future zone d’activités de Sucy-en-Brie, ils ont reçu une assignation jeudi 2 février et leur cas devait être examiné par le tribunal d’instance de Boissy-Saint-Léger le 9 au matin.
« La communauté d’agglomération du Haut Val-de-Marne est devenue propriétaire [du terrain] en janvier et a repris la procédure d’expulsion, précise Patrick Gautheron, directeur général des services. Mais le calendrier nous rapproche plutôt d’une expulsion au printemps et pas dans cette période de grand froid. »
Mais l’avocat des six familles n’est pas serein. « Ce bâtiment est inoccupé depuis dix-neuf ans. Pourquoi une telle urgence ? On est dans la violence, le cynisme et l’inhumanité la plus parfaite. » Les soutiens espèrent un sursis pour les Roms, au moins jusqu’au printemps.

Nord – LILLE

Terribles suites de l’incendie du 15 janvier

Nordeclair.fr - 11 février

La petite Julietta, âgée de deux ans, a succombé le vendredi 10 février à ses blessures. Blessée dans l’explosion d’une bouteille de gaz dans la caravane où elle vivait, le 15 janvier, elle avait été hospitalisée et opérée à l’hôpital Jeanne de Flandre à Lille. Son frère de cinq ans y est toujours hospitalisé. Une enquête est en cours pour éclaircir les circonstances de l’incendie.
Le drame a suscité des réactions parmi les soutiens des Roms : « On ne va pas en rester là, il faut faire quelque chose, s’insurge Yann Lafolie, de l’atelier solidaire, ce n’est pas normal aujourd’hui que ces gens doivent bricoler des systèmes dangereux pour éviter le froid. J’ai croisé, il n’y a pas longtemps, une mère qui faisait du feu dans un vieux mini-four, ses yeux étaient injectés de sang à cause des fumées. » Le jeune homme espère un soutien politique après cet événement sordide. « Si on pouvait au moins dépanner. Mais je ne me fais pas d’illusions, surtout du côté de l’État... »

Bouches-du-Rhône – MARSEILLE

Rapport de Romeurope, réaction du préfet ?

20minutes.fr – 17 février

Ça bouge dans les Bouches-du-Rhône : le préfet de région Hugues Parant a chargé Raphaël Le Méhauté, préfet délégué pour l’égalité des chances, d’une mission axée exclusivement sur la question des populations roms. À la clé des réunions techniques avec les municipalités accueillant des populations migrantes pour «  s’accorder et partager sur les conditions de mise en œuvre d’une démarche d’intégration lorsque cela est possible  ». Une initiative prise suite à la publication du rapport de Romeurope sur la situation des Roms en France, rendu public le 16 février lors d’une conférence de presse.
Comme demandé aux membres du CNDH Romeurope, la région a pris les devants et fait le point avec les professionnels des organisations concernées.
Cendrine Labaume, de Médecins du monde, fait un constat inquiétant : «  La situation s’est clairement dégradée depuis janvier à Marseille car avec toutes ces expulsions de camps, de nombreuses familles roms sont passées de cabanes aux trottoirs. La situation sanitaire a empiré et on se retrouve face à un risque d’épidémie de rougeole par exemple.  »
L’Ampil, elle, s’inquiète de la surcapacité des espaces d’hébergement à Marseille.
«  C’est vrai que nous pouvons être satisfaits de la décision prise par le préfet, même s’il y aura sûrement quelques couleuvres à avaler, modère Bernard Eynaud, président de la Fédération de la Ligue des droits de l’homme 13. En attendant, il faut continuer notre travail de proximité en fournissant aux Roms à manger ou des couvertures.  »
Des expulsions vont avoir lieu dans deux camps en périphérie de Marseille, face auxquelles les associations font déjà front.
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Yvelines – VERSAILLES

Des occupants inhabituels pour la caserne Pion

Lci.tf1.fr - 20 février

Après le démantèlement de leur camp dans l’Essonne, 80 Roms se sont installés lundi 20 février à la caserne Pion à Versailles, à quelques encablures du château de La Lanterne où se rend régulièrement Nicolas Sarkozy. Le propriétaire du terrain, l’Etablissement Public Foncier des Yvelines (EPFY), devrait lancer une procédure judiciaire pour « violation de propriété ». Le terrain de 21 hectares devrait accueillir un futur parc immobilier.

Ile-de-France

La situation sanitaire et sociale désastreuse des Roms en Île-de-France
Insecurite.blogs.lemonde.fr – 21 février

L’Observatoire régional de santé d’Île-de-France a publié un rapport concernant « la situation sanitaire et sociale des "Rroms migrants" en Île-de-France ». Il constate :
- Un accès limité au marché du travail
- Des conditions de vie instables et très souvent insalubres
- Des processus cumulés d’exclusion défavorables à la santé
- Une santé dégradée, aggravée par un faible suivi médical
- Un système socio-sanitaire montrant des limites face à l’accès aux soins des populations en situation de grande exclusion
- Des actions sanitaires et sociales parfois mises en échec par des politiques aux logiques contradictoires

http://www.romeurope.org/Etude-de-l-Observatoire-regional.html

DISCOURS POLITIQUES

Débats enflammés « autour » des Roms

AFP – 15 févr. 2012

Les Roms ont été cités au cœur d’un débat houleux entre partis politiques, suite aux propos tenus par François Hollande le dimanche 12 février lors de l’émission Dimanche +. Le candidat du parti socialiste aurait proposé une solution européenne pour les Roms, et la création de camps de Roms volontairement installés sur le territoire français, en remplacement des camps de fortune actuels sans cesse déplacés.
La secrétaire nationale de l’UMP à l’égalité des chances, Camille Bedin, aurait trouvé les propos du candidat du PS « scandaleux ». Le patron de l’UMP, Jean-François Copé, a lui aussi fustigé les propos de François Hollande, et dénoncé « une campagne deux poids deux mesures » sur les propos tenus par l’un ou l’autre camp.
Selon la responsable du PS, le candidat "n’a pas de leçon à recevoir de la part d’un parti, d’un gouvernement et d’un président qui n’a cessé de stigmatiser les Roms au cours du quinquennat, aussi bien avec le discours de Grenoble, qu’avec la destruction (...) de leurs campements".
SOS Racisme s’est insurgée face aux "fausses indignations de celles et ceux qui ont soutenu les discours et les actes de stigmatisation" des Roms "et des gens du voyage à partir de l’été 2010", à l’initiative du gouvernement. L’association "s’inquiète de la tournure d’un débat qui semble encore et toujours partir sur de fausses bases", puisque "l’espace communautaire (européen) est fondé sur la libre circulation des populations".

EUROPE

Discrimination et solutions : les Roms dans l’Europe d’aujourd’hui

Coe.int - Bruxelles, 27 février

« Dans nombre de pays européens, les Roms et les Gens du voyage sont toujours privés de droits de l’homme essentiels et souffrent d’un racisme flagrant. Ils restent nettement défavorisés par rapport aux autres groupes en matière d’éducation, d’emploi, d’accès à un logement décent et de santé. Leur espérance de vie moyenne est plus courte et leurs taux de mortalité infantile sont plus élevés que ceux d’autres groupes », c’est la dure synthèse qu’a faite le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, du rapport intitulé « Les droits de l’homme des Roms et des Gens du voyage en Europe ».

Ce rapport est le premier à se pencher sur la situation des Roms et des Gens du voyage au niveau des 47 états membres du Conseil de l’Europe. Ces communautés constituent les minorités européennes les plus nombreuses et les plus touchées par la précarité.

L’enquête a porté sur des thématiques et des domaines divers : la violence raciste ; le comportement des forces de l’ordre et des autorités judiciaires ; les stérilisations forcées et le retrait d’enfants de la garde de leurs parents biologiques ; les droits économiques et sociaux ; l’apatridie et la liberté de circulation.
Le texte stipule que l’antitsiganisme a toujours cours, y compris dans la bouche de dirigeants ou de médias officiels. « Ce climat enferme les Roms et les Gens du voyage dans une logique d’inégalité, d’exclusion, de ségrégation et de marginalisation. Les élus doivent donner l’exemple en respectant et en défendant les droits de l’homme de chacun. »
Il met également en exergue un point fondamental de l’accès à l’indépendance des Roms et des gens du voyage à travers leur participation à la vie publique et aux processus décisionnels.
« Le problème de l’apatridie et de l’absence de documents personnels, qui touche des milliers de Roms en Europe, est l’un de ceux qui appellent une action urgente et déterminée, car ces personnes sont privées de droits essentiels, tels que l’éducation, les soins de santé, l’assistance sociale et le droit de vote. »
Le rapport finit sur les mesures concrètes à adopter pour avancer sur la question des expulsions et donc des camps et des hommes sans cesse déracinés.
Entre autres, il préconise une formation des policiers pour mieux faire face aux situations sensibles et éviter les bavures, se pencher sur la ségrégation dans les milieux scolaires, et mettre en place un enseignement ciblé pour les enfants des communautés. Le texte demande également la création de commissions de vérité pour la reconnaissance des atrocités et les persécutions commises contre le peuple rom.
Le Commissaire conclura sur une note d’espoir : « J’espère que ce rapport favorisera un débat constructif sur les politiques à l’égard des Roms et des Gens du voyage en Europe et en particulier sur ce qu’il conviendrait de faire afin de mettre un terme à la discrimination et la marginalisation dont ils souffrent et de faciliter leur intégration sociale. »

Un résumé du rapport est également disponible en français et romani.

BOSNIE-HERZEGOVINE

La Bosnie s’alignerait sur les conseils de Bruxelles

BHinfo4 - samedi 4 février 2012

La Bosnie-Herzégovine aura fort à faire pour pouvoir adhérer à l’union européenne. En effet pour pouvoir rejoindre les 47 membres, le pays doit accepter d’adopter de nouvelles lois sur le recensement de la population et sur les aides publiques demandées par Bruxelles. Le recensement, effectué pour la dernière fois il y a 22 ans, devra en 2013 inclure tous les citoyens de BHV y résident de façon permanente ou temporaire. La Bosnie devra également amender sa constitution, discriminatoire à l’égard des minorités juives et rom, selon la cour européenne des droits de l’homme. En effet, dans le texte, les minorités du pays sont désignées par le terme « les Autres ». Depuis le dernier recensement en1991 - alors qu’elle était encore yougoslave - la BH a subi une guerre (1992-1995) qui a profondément modifié sa démographie, avec 100.000 morts et 2,2 millions de personnes réfugiées et déplacées.

CONFERENCE DE PRESSE 16 FEVRIER - REVUE DE PRESSE

« Les Roms, boucs émissaires d’une politique sécuritaire »
secours-catholique.org – 16 février

Ce jeudi 16 février, le Collectif national des droits de l’homme (CNDH) Romeurope a publié son rapport 2010-2011sur la situation des Roms en France.
Le verdict est sans appel : la situation des Roms en France reste très préoccupante. « Les Roms sont les boucs émissaires d’une politique générale antipauvres et antimigrants. Ils sont désignés comme délinquants et asociaux », a asséné Alexandre Le Clève, responsable des actions nationales de la Cimade.
Depuis 2010 et le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble, les conditions de (sur)vie des Roms ont empiré. « Les expulsions se sont accélérées », affirme Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des droits de l’homme (LDH). « Mais nous avons la preuve que la majorité des Roms ont été expulsés de leur lieu de vie au moins une fois au cours de ces deux dernières années. La norme est toutefois plus élevée. Nous rencontrons de nombreux Roms qui ont subi six expulsions dans l’année, parfois même neuf. » Le Collectif dénonce l’existence d’un système juridique « qui veut limiter le droit de séjour, restreindre le droit de circulation, faciliter les évacuations des squats et terrains occupés de manière « illicite » et interdire la mendicité. »

Médecins du Monde a rappelé qu’il s’agit de populations déjà fragiles, mises en danger par des expulsions répétées : « Les expulsions sans solution d’hébergement mettent les personnes en situation de grande vulnérabilité et entraînent des ruptures de soins », assène Jean-François Corty, de Médecins du monde. Les chiffres parlent : pour l’association, 80 % des 20 000 Roms vivant en France ont du retard dans leurs vaccinations et 45 % souffrent de pathologies nécessitant un suivi médical d’au moins 6 mois, alors que l’aide médicale d’état ne leur est pas accordée d’office. « Nous voyons réapparaître au sein de ces populations des maladies qui avaient disparu de notre société, comme la rougeole, la tuberculose ou encore l’hépatite A », se désole Jean-François Corty. « Nous sommes aujourd’hui obligés de mettre en place le même type d’actions que nous menons dans les pays en développement. Il s’agit bien, pour les Roms, d’une crise humanitaire ».
Un autre volet du rapport concerne le fichage ethnique des Roms dans le fichier OSCAR. En foctionnement depuis octobre 2010, il identifie la population d’étrangers susceptibles d’obtenir l’aide au retour volontaire pour éviter les rentrées en fraude et ne pas accorder l’aide deux fois de suite. Dans plus de 80% des cas, il s’agit de citoyens roumains ou bulgares. Le rapport est formel sur ce point : « Ce fichage [est] pourtant contraire aux textes européens [relatifs à] la liberté de circulation au sein de l’Union européenne et […] vise tout particulièrement un groupe ciblé en raison de son origine ».
« La France est dans une logique de criminalisation de la misère. Ce type de comportement libère les attitudes xénophobes », prévient Damien Nantes, directeur de l’association Hors la rue.
A l’issue de cette conférence de presse, le CNDH Romeurope a formulé plusieurs demandes : voir accorder aux Roms le droit commun et l’accès à la protection de la santé, et arrêter les expulsions sans solutions. Autre souhait, la levée des mesures transitoires (prochaine échéance : 2014) empêchant l’accès au marché du travail pour les citoyens roumains et bulgares, et la suppression des obligations de quitter le territoire français distribuées à chaque explusion, sur la base de « l’abus de droit » de circulation. Pour finir, les enfants roms doivent avoir un accès à la scolarité systématique, comme tout enfant européen.

Rapport du CNDH Romeurope :

les collectivités mises à l’honneur
lagazettedescommunes.com- 16 février

Le rapport annuel du CNDH Romeurope a honoré l’effort des collectivités locales dans les actions solidaires entreprises pour les Roms en France. Le gouvernement a d’ailleurs reconnu leur rôle dans ce domaine en les encourageant à faire des propositions directement auprès de la Commission Européenne, pour venir alimenter le projet de stratégie nationale amorcé le 7 février.
Le document stipule que « l’action de l’Etat doit étroitement s’articuler avec celle des collectivités locales et notamment des conseils généraux, qui gardent la compétence de droit commun en matière d’accompagnement social. Les collectivités locales ont été consultées sur la première mouture de cette stratégie nationale le 6 janvier 2012. Certaines ont formulé des commentaires, d’autres ont fait le choix de transmettre des contributions écrites au gouvernement français, voire directement à la Commission européenne ».
Laurent El Ghozi, président de la Fnasat, s’indigne de « l’indigence d’une stratégie qui dans le domaine de la santé se contente d’exemples d’actions anecdotiques comme celle de quatre malheureux médiateurs sanitaires pour toute la France ».
Le rapport loue les efforts de Lille, de Bordeaux, Montreuil, du conseil général du Val-de-Marne et de la région PACA, mais dénonce les obstacles que constituent les expulsions systématiques pour ces communes et communautés exemplaires ; des actions entreprises par le gouvernement et contraires aux droits de l’Homme, déjà dénoncées d’année en année par le les organismes européens et internationaux chargés des droits de l’homme. L’ « acharnement » dont le gouvernement semble faire preuve envers les communautés « asociales » est explicité dans le rapport du CNDH Romeurope, avec « la création d’un groupe aux contours flous et fantasmés » (Roms, Tsiganes, Gens du voyage…) assimilés à la marginalité et à la délinquance.
« Pourquoi ne parlez-vous que des quelques familles roumaines en grande difficulté et jamais des centaines de milliers de Roms parfaitement intégrés à la société française ? Il y a de vrais problèmes de misères qui sont liées aux conditions sociales et souvent à des problèmes personnels et non à la culture rom. Parmi les citoyens Français, certains sont aussi en très grande difficulté sans que ce soit une conséquence de leur origine et de leur culture », précise Brahim Music, géomètre, membre du Forum européen des Roms.
Pour Médecins du Monde, les Roms vivant dans des conditions de grande précarité sont 20.000 en France. Les tsiganes français, eux, sont plus d’un million sur le territoire, eux aussi fortement discriminés.
Le sujet qui rassemble : le titre ô combien évocateur de la stratégie nationale pour l’intégration : « une place égale dans la société française ». Une requête rabâchée maintes fois déjà depuis les années 50, lorsqu’est apparue Vie et Lumière, l’organisation tsigane française.


 
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