Année 2012

Revue de presse du 1er au 31 Mars 2012

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Rhône – LYON

Parents et enseignants rassemblés autour de Melina

20minutes.fr - 20 mars

Vivant avec sa famille depuis trois ans dans la région lyonnaise, Melina, 8 ans, se rend tous les jours à l’école dans le premier arrondissement de Lyon. Une mère d’élèves insiste sur son assiduité : «  Elle est très assidue malgré le fait que depuis tout ce temps, cette petite fille, ses parents et ses petits frères (dont un handicapé) sont ballottés de squats en squats  ». Récemment, Mathilde et des dizaines de parents et d’enseignants ont demandé à ce que le gymnase soit mis à disposition des familles. «  Ce n’est pas la solution idéale, mais nous n’avons pas d’appartements à leur prêter, pas assez d’argent pour financer d’autres nuits d’hôtel. Le seul endroit que nous ayons, c’est le gymnase  », se désole Mireille, enseignante à Michel-Servet où Melina est scolarisée, et bénévole du Réseau éducation sans frontière. La fillette a déjà vécu sept mois dans un bidonville aux abords du Rhône puis dans celui de Vaulx-en-Velin, totalement abandonné en février après un incendie. Le comité de soutien demande un véritable hébergement pour la famille afin qu’un suivi réel soit possible.

Loire-Atlantique – NANTES

Des papiers pour la meilleure apprentie de France

Lefigaro.fr – 30 mars

Enfin ! Cristina Dimitru, jeune femme d’origine rom récompensée le 6 mars comme meilleure apprentie de France dans la catégorie « métiers du pressing », recevra son titre de séjour le lendemain de sa distinction, le vendredi 6 avril. Interrogé par RMC, elle confirme que la préfecture de Loire-Atlantique devrait lui accorder les papiers qu’elle attend depuis six ans. L’idéal ? Un CDI, et la régularisation de sa famille après elle. Le dossier, défendu par le député PS de Loire-Atlantique Dominique Raimbourg, reste encore sans réponse.

JUSTICE/ ACTUALITE

VERSAILLES

Expulsion de la caserne Pion

AFP/lefigaro.fr – 1er mars

L’affaire n’a pas fait long feu : sur une décision de justice prononcée le 1er mars, les 80 Roms installés depuis le 20 février dans l’ex-caserne Pion à Versailles ont eu une semaine pour quitter les lieux. Une information confirmée par l’avocat de l’Etablissement public foncier des Yvelines (EPFY), propriétaire du terrain, Me Thomas Béal, et par celui des Roms, Me Jean Ngafaounain.
Etienne Franckhauser, un bénévole du collectif Romyvelines, déplore cette décision : « Il va falloir qu’ils trouvent un nouveau point de chute alors que sur ce terrain de 21 hectares, ils ne dérangeaient personne, ils ne faisaient pas de bruit. Ils auraient pu rester jusqu’à ce que ce terrain soit transformé en quelque chose ». L’EPFY, qui a assigné les familles en référé, compte sur ce terrain pour y réaliser logements et commerces.

Ivry-sur-Seine

Terrain de l’hôpital Charles-Foix : un jugement en faveur des Roms

LeMonde.fr avec AFP – 6 mars

Les 200 occupants du terrain appartenant à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) peuvent de nouveau respirer. Le 6 mars, l’AP-HP a été déboutée de sa demande d’évacuation du terrain, situé à proximité de l’hôpital Charles-Foix, à Ivry-sur-Seine. Me Henri Braun, avocat des familles, a déclaré : « Nous sommes satisfaits que la justice ait reconnu qu’il n’y avait pas d’urgence à évacuer ce campement et qu’elle ait mis un frein à la chasse aux Roms ».
L’AP-HP avait saisi en référé les tribunaux administratifs, estimant que la présence des Roms sur ce terrain créait « un risque grave et imminent en termes de salubrité (...) et de sécurité publique » à proximité du milieu hospitalier. Le juge des référés, opposant à cet argumentaire une fin de non recevoir, a souligné que l’évacuation ne présentait aucun "caractère d’utilité et d’urgence" qui, de surcroît, romprait de nouveau le parcours scolaire d’enfants scolarisés à proximité. La question de la salubrité est également écartée : raccordements à l’eau courante et équipements sanitaires ayant été nouvellement installés sur le terrain avec le concours d’associations et de la ville. Le juge conclura sur l’absence de projet à court terme nécessitant l’évacuation du terrain.
L’AP-HP avait déjà été déboutée d’une demande d’évacuation par le Tribunal de grande instance de Créteil en avril 2011.

Rapport 2010-2011 des violences policières : les Roms en ligne de mire

lamarseillaise.fr - 7 mars

Le 6 mars, l’Observatoire sur les violences policières a rendu public son rapport pour 2010-2011. Chantal Mainguy, de la LDH, en récapitule les grandes lignes : «  Trois sujets principaux ressortent  : les Roms, l’âge des personnes interpellées, de plus en plus jeunes, et les conditions d’interpellation  ». Caroline Godard, de Rencontres Tsiganes, ajoute : «  On note des harcèlements répétitifs de familles roms, avant même que la justice ne prononce leur expulsion  ». Le rapport veut prévenir la violence en attirant l’attention sur «  les gestes techniques d’intervention et la force strictement nécessaire, souvent avancés par les procureurs pour classer sans suite les plaintes de victimes de violences policières  ».
Afin de terminer sur une note positive, Chantal Mainguy conclut sur celle-ci : «  Nous avons recueilli, et c’est nouveau, plusieurs témoignages d’interpellés notant la courtoisie de policiers en désaccord avec certaines méthodes non déontologiques ».

MARSEILLE

Roms : Le diocèse marseillais entre deux fronts

La-croix.com – 15 mars

Depuis le 22 février, 66 Roms ont été invités à investir un immeuble paroissial du quartier Saint-Pierre à Marseille. Cet accueil providentiel, qui leur permet un suivi médical, des conditions de vie décentes et un temps pour ne plus craindre les expulsions n’est pas du goût de certains riverains. Une pétition avec 500 signatures contre l’installation des familles est parvenue à la mairie. Le diocèse a donc signé une convention avec l’association Ampil grâce à laquelle ils pourront suivre les familles volontaires à l’intégration jusqu’en mars 2013.
La Fondation Abbé-Pierre s’est engagé au relogement de la quasi-totalité des familles d’ici à la fin mars, sauf ceux qui resteraient hébergées par le diocèse.
« Centraliser un si grand nombre de familles dont le mode de vie peut heurter la population n’était pas opportun. Notre priorité a été de traiter cette situation d’urgence avec le maximum d’humanité », s’explique Patrick Padovani, adjoint au maire UMP du secteur.
Fathi Bouaroua, directeur régional de la FAP, (finançant l’Ampil), salue l’effort : « C’est la première fois que des élus, bien qu’opposés à la présence des Roms, cherchent des solutions d’hébergement » . L’association a six mois pour épauler les familles dans leurs démarches.
« Bien qu’insuffisante, cette durée nous permettra d’engager les premières démarches pour les familles qui ont un projet », ajoute Fathi Bouaroura. « La contestation a permis aux élus de ne plus mettre la tête dans le sable ».

Menace sur le bidonville de Plombières

Laprovence.com – 22 mars

Une cinquantaine de personnes dont un quart d’enfants ont été expulsées du terrain qu’elles occupaient dans le 14e arrondissement Marseille, dans d’anciens entrepôts du quartier de Plombières. A la suite d’une plainte des deux familles propriétaires, les forces de police ont encadré l’évacuation du camp et ont procédé à la distribution de 11 obligations de quitter le territoire français.

Val-de-Marne – CRETEIL

Expulsion prochaine pour les Roms d’Henri-Mondor

Leparisien.fr – 21 mars

Les occupants du terrain situé à Créteil aux abords de l’hôpital Henri-Mondor, propriété d’ERDF, ont été contrôlés le 20 mars par la police. Une vingtaine d’OQTF ont été distribuées sur la cinquantaine d’habitants des lieux, présents sur ce terrain depuis le printemps 2011.

PARIS

Évacuation de la porte d’Aubervilliers

Leparisien.fr – 23 mars

Le plus grand bidonville de Paris a été évacué le 22 mars au petit matin sur une ordonnance du tribunal d’instance de Paris datant de décembre dernier. Plus d’une centaine d’habitants y avaient construit une cinquantaine d’abris à la porte d’Aubervilliers, entre le périphérique et le boulevard Macdonald, dans le 19e arrondissement de Paris. Cinq des occupants du campement de fortune ont été interrogés au commissariat du 19e arrondissement et trois d’entre eux ont reçu une OQTF.

Essonne – CORBEIL

Incendie aux Tarterêts

Leparisien.fr – 23 mars

60 pompiers se sont battus toute la nuit contre les flammes qui ont dévasté le bidonville du quartier des Tarterêts, à Corbeil, le long de l’avenue Charles-de-Gaulle. Appelés peu avant minuit, l’incendie ne sera maîtrisé par les pompiers que vers 7h du matin, après avoir totalement détruit 800 m² de cabanes de fortune. Un court-circuit lié au dysfonctionnement d’un appareil électrique serait à l’origine du feu.
Aucune victime n’est à signaler, et les 32 sinistrés ont été accueillis par d’autres occupants du terrain, qui compte 150 habitants. La reconstruction et le déblayage ont débuté dès le lendemain, coordonnés par les habitants du camp et quelques bénévoles d’associations de soutien.

Essonne – MASSY

Un bidonville détruit au 3/4 par le feu

liberation.fr- 26 mars

Un incendie a détruit les trois-quarts d’un bidonville à Massy, dans l’Essonne, ou vivaient entre 100 et 200 personnes. Aucune victime n’est à déplorer, selon le communiqué de la mairie paru en cours de journée.
Dans un communiqué, l’Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms et Roumaines (ASEFRR), qui a recensé 147 adultes et 53 enfants habitant sur le terrain, ajoute que « Plusieurs Roms assurent qu’un cocktail Molotov a été lancé sur le bidonville ». Dans le communiqué de la mairie, publié le jour même, un réchaud est à l’origine du feu.
« Nous réclamons une enquête sérieuse. Nous envisageons un dépôt de plainte, si cela est nécessaire à l’enquête », a précisé Serge Guichard, de l’ASEFRR, qui s’est rendu sur les lieux dans la journée. « La question de l’hébergement reste posée pour ce soir », a-t-il ajouté, inquiet.

Nord – LILLE

La justice se prononce contre l’arrêté anti-mendicité

La voix du nord – 27 mars

En juillet 2011, le maire UMP de la commune de La Madeleine, près de Lille, avait pris deux arrêtés visant la mendicité et la fouille des ordures. Au mois de septembre, la Ligue des droits de l’homme et deux hommes habitants sur le terrain de la plaine Churchill à Lille, ont lancé une procédure demandant l’annulation de ces deux arrêtés « discriminatoires et portant atteinte à la dignité des Roms ». Le tribunal administratif de Lille à accédé partiellement à la requête des plaignants, le rapporteur public ayant jugé que la formulation de l’arrêté anti mendicité était « trop floue ». La fouille des poubelles par contre est toujours jugée illicite. Georges Voix, de la LDH, et le père Arthur, sortant du procès regrette que le caractère discriminatoire de l’arrêté n’ait pas été reconnu par le tribunal. « Quant à la fouille des poubelles, c’est une question de survie ! On n’est pas dans le licite ou l’illicite. »
L’affaire a été mise en délibéré. Si toutefois le tribunal suivait la vision du rapporteur dans cette affaire, Me Clément, de la LDH, prévoit de saisir par la suite le tribunal de police.

Seine-Saint-Denis – BAGNOLET

Deux personnes intoxiquées dans un incendie

Le parisien.fr – 31 mars

Un bidonville situé à Bagnolet a flambé dans la soirée du 31 mars, intoxiquant une femme et un enfant. « Leur vie n’est pas en danger », a déclaré le commandant de la brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris. « Environ 80 pompiers étaient sur place et nous sommes maintenant maîtres du feu ». L’A3 a été fermée, le temps pour les pompiers de maîtriser le feu. L’origine de l’incendie n’est pas encore connue.

EUROPE

Politiques migratoires : la France vivement critiquée

Liberation.fr - 28 mars

La France est de nouveau dans le collimateur de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme. L’institution indépendante pour la défense des droits de l’homme rappelle qu’un « plan national d’action contre le racisme et l’antisémitisme » a été déposé mi-février en conseil des ministres. Pour l’organisme, le texte à l’origine du plan national « ne présente pas de réelle stratégie : il ne dégage pas de priorités, ne hiérarchise pas les objectifs, n’établit aucun critère de performance, reste muet sur les crédits nécessaires pour atteindre les objectifs et sur les moyens qui seront mobilisés ». « Les discriminations, les confusions et les amalgames entretenus à l’égard de ces populations (...) doivent être combattus par des mesures concrètes d’accès aux droits et par une volonté politique réelle », conclut la CNCDH.
Un autre regret : rien sur une « levée immédiate des mesures transitoires » qui empêche l’accès des ressortissants roumains et bulgares au marché du travail. Ces mesures s’alignent sur l’union européenne en conformité avec ses traités d’adhésion mais ces restrictions appliquées à la Roumanie et la Bulgarie restent « discriminatoires ». La commission demande au minimum « le traitement accéléré des demandes d’autorisation de travail », « l’assouplissement des critères de durée de contrat et de niveau de rémunération » ou encore « la possibilité d’inscription à Pôle Emploi ».


 
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