Année 2012

Revue de presse du 1er au 30 juin 2012

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

BOUCHES-DU-RHONE – MARSEILLE

Médecins du Monde demande l’arrêt des expulsions des Roms

France3.fr – 1er juin

Médecins du Monde (MdM) a interpellé Dominique Baudis, le Défenseur des Droits, sur la question des Roms de Marseille, demandant « l’arrêt des expulsions sans proposition de relogement acceptable ». Pour l’association, dans la cité phocéenne, « et plus largement sur l’ensemble du territoire », il y a bien une « stratégie » visant « à intimider et dissuader les Roms de s’installer sur le territoire français ». « Politique de harcèlement, destruction systématique des lieux de vie, expulsions du territoire collectives et infondées, absences ou ruptures de soins : des vagues d’expulsions et de violences à l’encontre des populations roms ne cessent de dégrader leurs conditions de vie, d’accès aux soins et au logement à Marseille ». La ville compte entre 1.500 et 2.000 Roms, vivant dans des habitations précaires, et sur des terrains toujours en passe d’être évacués.
« Entre juillet et décembre 2011, ce sont 85% des sites connus par MdM qui ont été vidés de leurs occupants, sans aucune solution de relogement (...) Ces expulsions entraînent une rupture des soins et éloignent les malades du système de santé". L’association précise ainsi que seuls 55% des Roms sont vaccinés contre la rougeole, contre 90% pour l’ensemble de la population. »
MdM a ajouté à cela le stress constant dû aux contrôles policiers récurrents dont les Roms font l’objet.

ILE-DE-FRANCE – PARIS

Les arrêtés anti-mendicité stoppés à Paris

Liberation.fr - 20 juin

Jugés peu efficaces, les arrêtés anti-mendicité n’ont pas été reconduits sur le territoire parisien. Bernard Boucault, nouveau préfet de Paris, a marqué la rupture d’avec son prédécesseur en la matière. Nicolas Lerner, directeur-adjoint de cabinet du préfet de police, s’est expliqué aux élus UMP qui souhaitaient conserver ces trois arrêtés sur les secteurs des Champs-Élysées, des Grands magasins et du Louvre : « On a fait des études qui montrent que le taux de paiement des amendes est proche de 0, la sanction est très peu incitative et il y a eu des évolutions juridiques qui nous poussent à repenser nos reconduites à la frontières », a ensuite exposé M. Lerner aux médias. Un Roumain, citoyen de l’Union européenne, reconduit dans son pays « se retrouve à nouveau trois jours après sur les Champs-Élysées ». Au total, il y a eu 250 reconduites à la frontière en 2011 sur la capitale, dont une trentaine pour les zones concernées par les arrêtés.
Pour l’année 2011, la préfecture de police a ainsi reconduit 250 Roumains pour toute la capitale, mais sur les zones des arrêtés cela n’a concerné qu’une trentaine de personnes. L’adjointe PS chargée de la sécurité, Myriam El Khomri, a souhaité « un bilan quantitatif et qualitatif de l’impact de ces arrêtés anti-mendicité », restant « convaincue que la conséquence de ces arrêtés est le déplacement de la misère d’une rue à une autre », une réalité confirmée par la préfecture de police.
Le préfet de Paris, M. Boucault, a demandé une réunion au parquet « pour faire le point des affaires en cours », et ira en Roumanie "dès la rentrée prochaine" pour échanger avec les autorités sur place.

BOUCHES-DU-RHONE – MARSEILLE

Le changement se fait attendre pour ces exclus

Lamarseillaise.fr – 26 juin

Le collectif de solidarité Roms Marseille a interpellé l’opinion publique et le conseil municipal sur les conditions de vie des Roms de la cité phocéenne.
Présents dans la rue devant l’hôtel de ville marseillais dès 7 heures du matin, les militants ont ensuite investi l’hémicycle du Conseil municipal avec des banderoles. « Cette action, qui fait suite à beaucoup d’autres, inaugure une semaine de manifestations contre les déplorables conditions de vie faites à ces familles, qui se prolongera jusqu’au samedi 30 juin par un grand rassemblement sur la Canebière », indique Jean-Paul Delanaud, membre du PCF, de la Ligue des droits de l’homme et du collectif. « Mais notre présence devant la mairie, à l’heure où se tenait le Conseil municipal, avait aussi pour objectif d’interpeller les élus et de les placer devant leurs responsabilités, à commencer par le premier magistrat de la ville, le maire, Jean-Claude Gaudin, dont l’attitude vis-à-vis de cette frange de la population désormais marseillaise, reste pour le moins ambiguë ».
Devant les élus, les militants tenaient à revendiquer l’arrêt des expulsions sans solutions de relogement, ainsi que des mesures transitoires appliquées aux ressortissants bulgares et roumains. « Un accès [au travail, à la santé et à l’éducation] qui leur est jusqu’à aujourd’hui interdit, relève Jean-Paul Delanaud, jusqu’en 2014, à l’initiative du précédent gouvernement ». Les militants ont été éconduits, mais un conseiller municipal PCF, Jean-Marc Coppola, a saisi l’occasion de rappeler l’urgence de la situation dans laquelle les Roms se trouvent. Une lettre, dans laquelle le collectif rappelle les droits fondamentaux accordés en France à toute personne en détresse, a également été envoyée au maire de Marseille. Elle reste encore sans réponse.

HAUTE-GARONNE – TOULOUSE

L’enfant rom récompensé

ladepeche.fr – 28 juin

Solomon et 9 de ses camarades de CM2 ont reçu ce mercredi 27 juin le prix Bosc-Lascours / Caisse d’Epargne pour louer la qualité de leur travail scolaire. Solomon vit dans sur un terrain dit de La Flambère, à Toulouse, comme 35 autres enfants scolarisés sur l’agglomération. « C’est une véritable fierté pour la communauté rom » s’enthousiasme Claudine, membre de l’association Flambère Action Médiation. « C’est important que les gens comprennent que les enfants roms sont scolarisés, réussissent à l’école et ce malgré des conditions de vie souvent difficiles ». Les parents de Solomon sont très heureux. Pour une enseignante de l’école où étudie Solomon, Gais Pinsons, « Solomon est arrivé en France il y a seulement trois ans. Il a fait des efforts incroyables et se retrouve aujourd’hui à passer en 6e avec d’excellentes notes. Il est clair qu’il a compris que seule l’école est le moyen pour s’en sortir et ne pas vivre la même misère que sa famille ». Le petit garçon, qui a de la suite dans les idées, veut devenir policier ou garagiste.

Roms expulsés : un moratoire demandé

AFP – 29 juin

Dans une lettre à Jean-Marc Ayrault, actuel Premier ministre, le collectif Romeurope a sollicité un moratoire concernant les reconduites à la frontière des Roms. Romeurope « demande au gouvernement l’arrêt de toute évacuation de lieux de vie sans proposition d’hébergement ou de relogement, l’instauration d’un moratoire sur les expulsions du territoire français de ces ressortissants européens et l’accès effectif au droit commun : droit à la protection sociale, droit à l’éducation, accès aux soins et à la protection de la santé ».
La lettre aborde également « la levée des mesures transitoires qui limitent l’accès au marché du travail français des ressortissants roumains et bulgares, véritable frein à l’insertion de ces citoyens européens ». Ces fameuses mesures bloquent l’accès à l’emploi des citoyens roumains et bulgares jusqu’à fin 2013.
Aline Archimbaud, sénatrice, s’est penchée sur le dossier, qui fait l’objet d’une proposition de résolution.

JUSTICE

Evacuation d’un camp sur les rives de la Garonne

20minutes.fr – 6 juin

Un bidonville proche des rives de la Garonne a été évacué ce mercredi 6 juin par la police, selon un témoin, membre du collectif de soutien aux Roms de Toulouse. Germain Clément a précisé l’intention de son organisation de faire appel au Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pour l’interpeller sur ces expulsions.
Plus d’une vingtaine de personnes habitaient ce terrain, dont l’évacuation fait suite à deux autres le jeudi précédent.
Le bénévole, qui préside le Comité de coordination pour la promotion et la solidarité envers les communautés en difficulté (CCPS), composante du collectif Solidarité Roms, s’inquiète. « Pour nous, le problème immédiat est de savoir quel abri ces personnes auront ce soir. Est-ce que les collectivités locales ou la mairie de Toulouse vont intervenir ? ». En tout, c’est entre 300 et 500 Roms qui « survivent » aux alentours de Toulouse.
La préfecture n’a pas réagi.

EUROPE

ROUMANIE – BAIA MARE

Des Roms dans une usine ultra polluante

Courrier international – 4 juin

Nouvel esclandre autour des Roms pour la ville de Baia Mare, dans le nord de la Roumanie. Lors de la dernière campagne électorale locale de la semaine du 10 juin, Cătălin Cherecheş, maire libéral, a fait déplacer 2.000 Roms dans une ancienne usine de cuivre. Le lieu, fermé pour son taux de pollution record, a intoxiqué 22 enfants, transportés aux urgences dans la nuit qui a suivi leur « installation » dans ces locaux couverts de poussière de cuivre. En 2011, Cherecheş avait érigé un mur pour séparer les habitats Roms des non-Roms.

ITALIE – ROME

Un camp ancien démantelé ?

Amnesty.fr – 28 juin

Les Roms du terrain de Tor de’ Cenci à Rome sont sous la menace d’une expulsion. La municipalité souhaiterait faire évacuer les lieux –autorisés- avant le 10 juillet, et en déplacer les habitants vers un autre site.
Jezerca Tigani, directrice adjointe du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, réagit : « Les autorités doivent s’abstenir de chasser des habitants qui ne souhaitent pas s’installer ailleurs, et prendre des mesures en consultation avec la population concernée pour améliorer significativement les conditions de logement et aménager le site de façon adéquate. »
Un porte-parole des Roms exprime son désarroi : « Ce n’est pas possible de nous installer à un endroit, puis à un autre trois ans plus tard, et encore à un autre 10 ans après. Ils jouent avec nous comme si nous étions un ballon de foot ».
Sur le terrain, géré par la municipalité depuis 1995, vivent plus de 350 Roms originaires de Bosnie et de Macédoine.
Dans le cadre du programme « Urgence nomades » mis en place depuis 2008, le campement de La Barbuta, où seraient redirigées les familles de ce terrain, a été créé. Isolé, proche de l’aéroport de Ciampino, il est clôturé et comporterait des caméras de surveillance. On y rassemblerait uniquement des individus de la « même origine ethnique », et le Conseil d’Etat italien l’aurait considéré en novembre 2011 comme étant illégal.
Pour Jezerca Tigani, « les autorités doivent améliorer les conditions de logement à Tor de’ Cenci. Elles doivent s’assurer que le site de La Barbuta soit conforme aux normes nationales et internationales, et ne soit pas destiné à abriter des personnes de même origine ethnique ». « Elles doivent également garantir que les habitants d’un site susceptibles d’être déplacés soient véritablement consultés à ce sujet. Les solutions de logement proposées ne devraient pas se limiter à des sites temporaires ». « Amnesty International demande aux autorités italiennes d’abandonner le dispositif "Urgences nomades", de verser des réparations pour les atteintes aux droits humains que ce dispositif a engendrées, et de prendre des mesures pour garantir un logement adéquat à tous les Roms. »

INTERNATIONAL

QUEBEC – MONTREAL

Lapresse.ca – 20 juin

Répercussions positives de GRUBB

Mission accomplie pour RPOINT, l’ONG à l’origine du projet GRUBB (Gypsy Roma Urban Balkan Beats). Un an après les premières représentations de la comédie musicale mettant en scène de jeunes Roms, mis en scène par Serge Denoncourt, l’objectif est atteint : 700 jeunes roms de Serbie sont pris en charge sur le terrain. Trois lieux d’accueil existent désormais à Belgrade, Novi Sad et Nis, et un centre d’aide aux devoirs s’est vu transformer en école. Des cours de danse et de musique sont dispensés, et les jeunes y affluent parfois dans l’espoir de monter sur scène…
En Serbie aussi, le spectacle a tourné, dans une version adaptée par une pointure locale, le chanteur Ibrahim « Bibi » Gasi.
« Quand je suis allé en mars, la salle était pratiquement pleine, se réjouit Denoncourt. La grande nouvelle, qui est très importante pour Belgrade, c’est que la foule était mixte : moitié Rom, moitié gadjo ». Une mixité « à peu près impossible » en Serbie, où les conditions de vie des Roms restent précaires : pour preuve, l’expulsion de la famille de Bibi, relogée dans des conteneurs métalliques reconvertis en appartements de fortune, puis finalement dans des appartements squattés.
Serge Denoncourt pointe du doigt « une montée du nationalisme en Serbie, de toute évidence », avec l’accession au pouvoir d’un ancien membre du gouvernement de Slobodan Milosevic depuis le mois de mai.


 
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