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Communiqué de presse 23.03.2016 - Intercollectif Roms 5962

APPEL AU RASSEMBLEMENT "NON AU SOUPCON DE PAUVRETE" LE 26 MARS 2016

Suite au drame à Lille - un incendie a causé la mort d’un enfant, Miahella, dans le bidonville du quartier du Faubourg de Béthune, dimanche 20 mars - l’intercollectif Roms 5962 appelle à un rassemblement de soutien :

le samedi 26 mars 2016 à 11h15
près de la bretelle de sortie du périphérique vers le CHR, au bord du quartier du Faubourg de Béthune.

Pour soutenir cette mobilisation et signer le communiqué "Non au soupçon de rassemblement :
> http://roms5962.fr/roms/wp.php?pg=742&id=3

Communiqué de l’intercollectif Roms 5962

Miahella - Non au soupçon de pauvreté

Non au souçon de pauvreté
Non au délit d’être étranger
Miahella vivait outre-misère. Elle est morte avant d’avoir un an, dimanche matin, dans un incendie accidentel à Lille.
Sa famille n’avait pas encore pu rompre avec la misère.

Avec d’autres, elle était contrainte de vivre dans le bidonville du Faubourg de Béthune. La Ville de Lille et la Préfecture travaillaient sur un déplacement de ce bidonville pour de meilleures conditions de vie. Malheureusement pour cette famille, l’intervention n’a pas eu lieu assez vite.

Les associations qui agissent avec les populations roms n’ont de cesse, depuis de nombreuses années, de demander que des solutions constructives permettent à ces familles d’accéder progressivement à des conditions de droit commun.

Depuis quelques mois, les rencontres avec la mairie de Lille et la Préfecture laissent espèrer cette construction positive, seul avenir décent pour les personnes concernées. Les expulsions ont été mises entre parenthèses et les associations et l’Areas (association de service social) peuvent favoriser l’emploi, la scolarité, et l’accès au logement pour des migrants de culture rom.

Mais des obstacles jalonnent ces chemins de volonté. Les financements de l’Areas ont été réduits. Beaucoup de communes dans la métropole réclament à la Préfecture l’expulsion de familles vivant sur leur sol. Trop de maires laissent péricliter des lieux de vie, pis-allers d’infortune, attisant ainsi le rejet par les riverains de ces installations.

Comment expliquer la garde à vue qui a été imposée aux parents de la petite victime pour "homicide involontaire " ?

Pourquoi, ne pas avoir différé cette mesure pour mieux respecter les droits de ces personnes, leur malheur et leur douleur ?

Au terme de 48 heures (deux fois vingt-quatre heures), les parents ont été remis en liberté sans qu’aucune charge ne leur soit imputée. Par ailleurs, l’autopsie du bébé n’a rien révélé de suspect !

A-t-on déjà vu ça, après un incendie mortel ?

Frappés par un deuil terrible, les parents de Miahela ont dû subir cette épreuve supplémentaire, en raison "d’explications divergentes sur l’utilisation d’un brasero", indique la presse. Ce serait dérisoire si les conséquences de cette mise en cause n’étaient aussi cruelles...

Nous allons soutenir cette famille. Et nous appelons à un rassemblement, de recueillement et de colère,
le Samedi 26 Mars 2016 à 11h30,
sur les lieux du drame, près de la bretelle de sortie du périphérique vers le CHR, au bord du quartier du Faubourg de Béthune.

Nous exigeons

Après l’incendie qui a coûté la vie au petit David au campement du carrefour Pasteur en 2015,
Après celui qui a coûté la vie de Miahella, dans le bidonville du Faubourg de Béthune, dimanche 20 mars
Après le soupçon et l’opprobre portés sur sa famille du fait d’une garde à vue aussi inexplicable qu’injuste
Et au regard des conditions de vie indignes dans lesquelles sont encore maintenues chez nous de nombreuses familles de culture rom,
nous exigeons, en conformité avec les engagements nationaux et internationaux de la France
- Le respect des droits et de la dignité des personnes concernées
- Une mise en sécurité des terrains contre les risques d’accidents,
- Un accès à l’eau, à l’électricité et au ramassage des ordures ménagères pour leurs habitants,
- Un accompagnement des familles vers l’accès au droit commun,
- Une domiciliation par les communes de toutes les familles vivant sur leurs territoires,
- Un accès normal à la scolarisation, obligatoire pour tous les enfants vivant sur notre territoire,
- Un soutien à l’apprentissage de la langue francaise
- Un soutien à l’accés à l’emploi et au logement, quand cela est nécessaire, sans déroger au droit commun
- Une modification de la circulaire d’Aout 2012 avec des effets contraignants pour toutes communes qui entraveraient les processus d’amélioration de l’avenir en France et dans leur commune de ces familles.


 
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