Année 2011

Revue de presse du 15 au 30 juin 2011

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Val de Marne

Déclaration de Christine Janodet et de Christian Favier du Conseil General du Val de Marne sur l’accueil, à partir du lundi 20 juin 2011, de 17 familles dans la préfiguration d’un lieu d’accueil pour familles en grande vulnérabilité.
17 juin – Val de Marne

La présidence du Conseil du Val-de-Marne a fait part à travers un communiqué daté du 17 juin de son intention d’accueillir de manière suivie 17 familles de Roms. Déplacées depuis leurs camps d’Orly ou de Villeneuve-le-Roi dans un lieu d’accueil, le projet se met en place avant septembre et court sur trois ans visant à terme l’insertion totale des familles.

Sous l’égide du CG du Val de Marne, le projet d’éradication des bidonvilles et de développement est en partie financé par la région Île-de-France et par l’Union Européenne (au titre du FEDER). Les 17 familles sont également soutenues par les collectivités locales et la société civile, sous forme de collectifs et d’associations régionaux très investis dans ce but de réinsertion, à tous niveaux : scolarisation des enfants, emploi des parents, investissement dans la vie sociale...

Un beau dessein face à la politique d’expulsion systématique appliquée
jusqu’alors par les élus locaux et le gouvernement. Les terrains d’Orly et de Villeneuve-le-Roi doivent par ailleurs rester vacants. Christian Favier, président du CG du Val-de-Marne, et Christine Janodet, maire d’Orly, réitèrent pour finir une demande de table ronde, déjà formulée par les élus de gauche du Val-de-Marne, afin de pouvoir coordonner les solutions de développement mises en place à l’échelle nationale, et aplanir les obstacles rencontrés par les populations Roms dans leur parcours d’insertion.

Gard - Le VIGAN

Rassemblement festif pour les Roms

Midi Libre -17/06/2011

Un après-midi de sensibilisation a eu lieu le 17 juin en soutien à la famille De Colombi, qui doit être expulsée depuis janvier du terrain qu’ils occupaient depuis des années au Vigan. Le collectif a été créé fin 2010 après l’annonce d’un arrêté d’évacuation du campement demandé par la mairie, sous le prétexte du PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondation). En effet, le terrain est placé sur une zone inondable bordant la rivière Arre.

Objectif : aider les familles à retrouver un logement sédentaire ou « semi-sédentaire » : caravanes sur terrain loué et aménagé. Pour l’instant, le dossier traîne, mais le collectif ne s’endort pas.


Val-de-Marne – VILLENEUVE-LE-ROI

Village-test : l’insertion à Villeneuve-le-Roi

Le Parisien - 24.06.2011

17 familles, 70 roms, investissaient le 23 juin un village d’insertion de vingt-trois cabanes dans le quartier des Vœux, à Orly. Venue de Villeneuve-le-Roi ou d’Orly, chaque famille y apporte toute sa vie. Elles ont trois ans pour s’y construire, et ont été sélectionnées sur des critères d’ancienneté, de scolarisation des enfants. « C’est compliqué parce que certains restent, mais le financement existe pour 70 personnes, pas plus. », explique un associatif. On attend une subvention du conseil régional ; « Les enfants seront scolarisés et les familles bénéficieront d’un accompagnement sanitaire et social », explique Laurence Potte-Bonneville, déléguée régionale de l’association Habitant et soins, gestionnaire du projet pour le compte du département. Des chalets de moins de 10m² sont à leur disposition en attendant de construire des maisons. Etroit, mais légal.

Entre espoir et angoisse, le projet avance. Des tentes en appoint, des aménagements à suivre. Un encadrant se fait rassurant : « Tout le monde va prendre ses marques ».

Nord-Pas-de-Calais – LILLE

Des enfants roms exposent leurs clichés à l’hospice Comtesse, jusqu’au 3 juillet
dimanche 26.06.2011
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La Voix du Nord

Depuis le mois de janvier, deux photographes ont travaillé sur l’exposition « Photos de Roms, un autre regard » avec les enfants de deux écoles accueillant des enfants Roms. Balades, expos, l’apprentissage du regard photographique s’est fait petit à petit, puis chaque enfant s’est vu confier un appareil photo jetable. Seize enfants ont participé au projet, et le résultat est superbe. La centaine de clichés de « l’aventure humaine » comme le dit Marc Monnier-Kuhn, un des deux photographes porteurs du projet, a porté ses fruits : photos des musiciens du camp pour Elvis le bien-nommé, reconnaissance d’un public disparate pour Costica, dont les œuvres sont prometteuses. On lui souhaite vivement de pouvoir continuer à s’exposer.

JUSTICE

Loire – Saint-Etienne

Saint-Étienne : cinquante Roms évacués de plusieurs bâtiments

Leprogres.fr - 16/06/2011

Hier matin, suite à la demande d’un propriétaire, cinquante Roms ont été évacués de plusieurs bâtiments situés dans l’impasse du Général-Booth, à Saint-Étienne (quartier de Terrnoire). Certaines familles ont formulé une demande de retour volontaire en Roumanie. Ceux qui travaillent dans la région recherchent un autre lieu de vie. Aucun mouvement vers le centre-ville n’a été constaté, et l’évacuation s’est déroulée sans aucun incident.

Aquitaine – BORDEAUX

Un refuge provisoire pour les Roms

Sudouest.fr – 17 juin 2011

Après leur expulsion d’un terrain privé, ils squattent un espace public... au risque d’être encore délogés.
Expulsés le 15 juin du terrain situé sur le site d’une ancienne usine SAS Pablo qu’ils occupaient à Villenave -d’Ornon, cinquante Roms d’origine bulgare se sont déplacés vers les sous-bois de l’enceinte sportive du quartier de Chambéry. Après leur avoir apparemment proposé une nuit d’hôtel, la mairie les a sommés de quitter les lieux sous 48h, deux manifestations ayant lieu cette fin de semaine au stade. Cette expulsion fait suite à une décision de justice rendue en 2010, qui avait vidé le camp des deux tiers de ses habitants, pourvus d’une aide au retour. Mais le groupe s’est reformé, la plupart étant revenus en France. Ils ont 48h pour vider les lieux. Plusieurs associations sont derrière les Roms, qui tiennent à rester sur la commune.

Le maire promet un terrain qu’ils pourraient investir en toute légalité, et une demi-douzaine de chalets avant le mois de juin.
Seule ombre au tableau : rentrer dans les critères du dispositif MOUS (maîtrise d’œuvre urbaine et sociale), qui accompagne les familles intégrées (scolairement, professionnellement, socialement). Les associations tiennent bon, on sollicite de plus en plus large, avec de nouveaux combats en perspective.

Pays de la Loire – NANTES

Ils ont « tout perdu »

Ouest-France - mardi 21 juin 2011

Le Dimanche 19 juin, en fin d’après-midi, ils ont « tout perdu : papiers, médicaments, vêtements… » ; quatre caravanes et une camionnette sont parties en fumée dans ce camp en bordure du périphérique à la Neustrie. Une bouteille de gaz a explosé, selon une habitante du camp, et « les enfants ne sont pas allés à l’école aujourd’hui : ils n’ont plus de chaussures »…
Quatre familles, soit vingt personnes environ, s’étaient installées sur cette lande envahie de bruyères. Après une querelle avec des familles d’un autre camp, un peu de distance avait été volontairement prise. Aucun terrain n’a été trouvé par la mairie, mais deux nourrissons ont été pris en charge dans un autre camp de la région. Avec l’aide du collectif Romeurope, deux tentes, des vivres et des médicaments ont été apportés aux sinistrés et le doyen du camp soigné à l’hôpital. Tout ce petit monde reste suspendu aux lèvres de la municipalité, qui renvoie, impuissante, vers la générosité des particuliers.

Yvelines – CARRIERES SOUS POISSY

Incitations à la délation : la sonnette d’alarme est tirée

Collectif Romyvelines – sur le site libertaires95 – 21 juin 2011

Le site libertaire95 a transmis un communiqué du collectif Romyvelines, du 21 juin, qui dénonce l’attitude d’appel à la délation et d’incitation à la haine raciale dirigée contre les Roms du maire PRG de Carrières sous Poissy, Eddie Ait.
Dans une lettre du 12 mai adressée aux riverains des quartiers concernés, l’élu incite clairement à la dénonciation d’incivilités « éventuelles » de familles de gens du voyage, et appelle les propriétaires à formuler des demandes d’expulsion auprès de la justice. Toutes les adresses nécessaires étant ensuite précisées (ligne du commissariat, adresse web officielle pour un dépôt de plainte en ligne, etc.).

Précédemment, il avait déjà écrit à Nicolas Sarkozy afin de faire chasser les Roms de la plaine de Triel, en plein débat sur le sujet (août 2010). Débat qu’il ne faut pas clore, pour ne pas voir se reproduire, comme le dit le communiqué « les pages les plus noires de notre histoire ».
Contact mail : romyvelines@hotmail.fr - romyvelines .over- blog .com

Ile-de-France

Les nouveaux chiffres de la « délinquance roumaine », délivrés par la police

Liberation.fr - 24/06/2011

Selon un document de la DSPAP, (direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne), recoupant des chiffres correspondant aux départements de Paris, des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, la délinquance "générée par les ressortissants roumains" aurait augmenté de 69% par rapport à 2010. Fourni par la police et diffusé par l’AFP, le document, brut, indique que "si 2.738 nationaux roumains avaient été mis en cause" par ses services durant les cinq premiers mois de 2010, "4.627 l’ont été en 2011 pour la même période, soit une hausse de 69%".

« 3.200 de ces Roumains "mis en cause", ajoute la DSPAP, se "voient reprocher des vols", des faits eux aussi encore en hausse, toujours sur la même période de comparaison, de 56,9%. » Les mineurs sont recensés, eux aussi : 2.162 nationaux mineurs roumains ont été « mis en cause, dont 1.842 pour des vols ».
Brice Hortefeux, l’ancien ministre de l’Intérieur, avait, lui aussi, brandi l’argument de la hausse de la criminalité roumaine en 2010, en pleine controverse autour des expulsions massives des Roms. Il affirmait alors que les actes de délinquance « perpétrés par des Roumains à Paris avaient augmenté de 259% en 18 mois. "Aujourd’hui, à Paris, la réalité est que près d’un auteur de vol sur cinq est un Roumain" et "un vol commis par un mineur sur quatre l’est par un mineur roumain", avait-il dit en assurant s’interdire toute stigmatisation "de telle ou telle population".


 
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