Année 2011

Revue de presse du 1er au 30 Septembre 2011

SOLIDARITE – INITIATIVES LOCALES

Bas-Rhin – STRASBOURG

L’Alsace accueille les Roms

20minutes.fr - 22 septembre

La commune veut inaugurer un centre d’accueil médico-social pour faciliter la vie aux Roms de l’agglomération, rue du Rempart. Autour de Strasbourg, quelques centaines de Roms (entre 300 et 400) vivotent dans des camps de fortune, comme partout.
Lors du Conseil de l’Europe, ce 22 septembre, ce projet dit de « site transitoire d’accueil » a été évoqué. « Il permettra d’accueillir une centaine de Roms, de les aider à construire des parcours individualisés, expose l’adjointe (Verts) Marie-Dominique Dreyssé. Encadrés par une équipe pluridisciplinaire, les Roms accueillis seront aiguillés, « suivis ». Germain Mignot, de Médecins du Monde, salue cette initiative.
Roland Ries, maire PS de la ville, a annoncé l’inauguration du centre pour le 10 octobre.
MdM espère que ce centre ne deviendra pas un prétexte pour chasser des Roms de leur terrain. Déjà, les habitants du camp de Long-Chemin ont été sommés le 20 septembre par le tribunal de quitter les lieux, pour, entre autres, refus d’intégrer le futur centre d’accueil. Ce qu’ils démentent évidemment : « On veut y aller. On ne peut pas dire non à un lieu comme celui-ci, alors qu’ici on n’a rien. »

Rhône – LYON

Des Roms dans le garage d’une église

Le figaro.fr - 26 septembre

Sept tentes installées dans un garage sous une église. Ce n’est pas surréaliste, c’est la solution trouvée par le curé de la paroisse Saint-Antoine, dans le quartier de Gerland, à Lyon, pour l es quarante-trois Roms expulsés de leur terrain mi-septembre. Pour les associations, 400 personnes, dont la moitié d’enfants, auraient été chassées de leurs camps d’infortune dans l’agglomération, au cours de la semaine du 12 septembre. Dans une lettre ouverte au préfet, ces organisations dénoncent le traitement indigne fait à ces familles, "poursuivies par la police pour les empêcher de se réinstaller". La préfecture indique que ces actions ont été intentées « en application de décisions judiciaires » sur demande de propriétaires des terrains.
Plus d’une centaine d’occupants de ces camps ont touché l’aide au retour et sont repartis par charter.

Le père Thouvenot soutient qu’il peut montrer l’exemple en aidant les Roms à trouver du travail, en scolarisant les enfants. « Par petits groupes, nous pensons pouvoir montrer l’exemple », dit-il.
Pour l’instant, les Roms de l’église Saint-Antoine mendient encore, mais le Secours catholique les aide dans leur recherche d’emploi.

JUSTICE

Seine-Saint-Denis – BOBIGNY

Le train de la honte

20 minutes – 1er septembre 2011

Les réactions ont fusé ce 1er septembre après l’annonce de l’évacuation, mercredi 31 août, d’une centaine de Roms, acheminés vers Noisy-le-Sec dans une rame de tramway de la RATP mise à la disposition des forces de l’ordre.
Elus, syndicats, associations et ONG se sont mobilisés pour dénoncer cet obscur épisode de la politique d’expulsions actuelle.
Jean-Paul Huchon (président PS région IDF), Cécile Duflot (secrétaire nationale d’EELV), ont exprimé respectivement « l’inhumanité et la brutalité » de l’opération, et une « profonde révolte », fait qui « rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et réveille en nous une monstrueuse évocation ».
L’opération, au-delà de la dimension symbolique et antirépublicaine qu’elle véhicule, aurait également constitué une voie de fait, selon M.Huchon.
Le délégué central du syndicat Sud, Philippe Touzet, confirme que le rôle de la RATP n’est pas de « transporter des convois de personnes qui ne sont pas forcément volontaires pour monter dans les tramways ». Sur France Info, il a évoqué le mémorial présent en gare de Bobigny, nœud ferroviaire pendant la Seconde Guerre Mondiale, rappelant au souvenir des voyageurs les 22.000 juifs ayant été déportés vers le camp de Drancy. Médecins du Monde dénonce, dans un communiqué, l’ignominie d’une telle opération, dans laquelle des mineurs ont été séparés de leurs parents pour être « embarqués » dans la rame.
La RATP, de son côté, dit avoir montré « un excès de zèle local », selon Pierre Mongin, son président (source : France Info). Selon lui, le démantèlement du camp rom de Saint-Denis ayant provoqué un afflux de personnes sur la ligne du T1, les forces de police auraient alors demandé la mise à disposition d’une rame pour le transport de la centaine de Roms expulsés. L’entreprise aurait simplement obéi à la demande formulée par la police.

Puy-de-Dôme – ST-AMANT-ROCHE-SAVINE

Sombre rentrée

L’humanité.fr 6 sept

Le 7 septembre, jour de la rentrée scolaire, six enfants Roms ont été expulsés, avec leur famille, d’un village qui pourtant les avait intégrés.
Hébergés par la compagnie Jolie Môme, implantée dans le village de Saint-Amant-Roche-Savine, les Roms avaient été libérés du centre de rétention sur décision du tribunal administratif de Lille, le 13 août.
Saint-Amant-Roche-Savine, c’est à peine plus de 500 habitants, dans le Puy-de-Dôme. Un bel exemple de solidarité, avec un accueil de bout en bout : parents hébergés, enfants scolarisés…
Mais le jeudi de la rentrée, au petit matin, la famille est arrêtée chez elle, et est transférée au centre de rétention d’Oissel, près de Rouen, au mépris de la décision préalable du tribunal de Lille.
Le tribunal administratif de Rouen annule leur placement en rétention, mais fait ironique, l’audience se tiendra précisément au moment où la famille embarque pour Belgrade.
Me Cécile Madeline, avocate de la famille, de dénoncer : «  Vous avez une magnifique illustration des ravages de la nouvelle loi Besson ! On nous a privés de toute possibilité de recours.  »
Selon des membres de la compagnie Jolie Môme, «  jusque dans l’aéroport, nous avons tenté d’empêcher le départ. La police rétorquait cyniquement qu’annuler ce départ, ce serait séparer la famille.  » Qui a été, de fait, séparée pendant le voyage, un avion décollant de Boos, spécialement pour affrété pour Belgrade, l’autre, de Rouen.
Un chargé de la rétention à France Terre d’asile ajoute : «  La famille se disait en danger en cas de retour. Mais, comme il faut expulser le plus possible, cette famille, ça fait dix points d’un coup.  »

Essonne

Jugé pour solidarité

Le parisien.fr - 9 septembre 2011

Serge Guichard, jugé le 22 septembre pour « dépôt ou abandon sur la voie publique d’ordures, de déchets, de matériaux ou d’objets », a du mal à y croire. Ce président d’une association de soutien aux Roms en Essonne (ASEFRR), dont le leitmotiv « la solidarité n’est pas un délit » est fort à-propos, est jugé pour avoir aidé à nettoyer un camp rom au mois de mars, en accord avec les mairies des communes concernées.
Le camp de Moulin-Galant, alors envahi par des rats, et la rivière Essonne toute proche, polluée par les ordures du camp non évacuées, avaient alerté le conseil général, qui avait fourni des sacs aux bénévoles pour dégager les ordures du terrain. 2000 sacs seront remplis, entreposés le long de la route en attendant leur ramassage par la CAECE (communauté d’agglomération Evry Centre Essonne), qui se charge depuis de vider régulièrement la belle mise à la disposition des habitants du camp. Les riverains attestent que le camp est plus propre, mais a besoin de sanitaires.
En juillet, Serge Guichard est convoqué au tribunal et en découvre le chef d’accusation. Un soutien (LdH, PC) s’organise autour du prévenu, une pétition recueille 800 signatures. L’origine de la plainte est toujours inconnue. Son avocate, Julie Bonnier-Hamon, assène : « Franchement, ce dossier n’a pas de sens. Nettoyer un camp rom, je ne vois pas où est le mal. »

Rhône – LYON

La LDH dénonce des expulsions « déguisées »

Lemonde.fr - 20 Septembre 2011

Le 20 septembre, un charter avec 150 Roumains à son bord a rallié Lyon et Bucarest. Les associations de soutien aux Roms parlent « d’expulsions déguisées ». Touchant 300 euros par adulte et 100 euros par enfant, ces Roms acceptent la politique du « retour volontaire », pour revenir dès que possible sur le territoire français. Près de 400 Roms ont ainsi été évacués de terrains et de bâtiments squattés dans l’agglomération de Lyon.
"On est contre ces charters car la plupart de ces gens arrivés en France depuis peu, touchent la somme de l’Etat et reviennent aussitôt", a exposé Jacques Dumortier, vice-président de la ligue des droits de l’homme du Rhône. "Ils seront de retour d’ici une semaine ou même avant. Cette méthode permet de faire du chiffre, mais n’apporte aucune solution aux Roms du Grand Lyon".

Expulsions : la politique du chiffre

Liberation.fr - 21 septembre 2011

Le débat autour de la politique d’expulsions chiffrée de Claude Guéant (objectif : 30.000 étrangers expulsés en 2011) divise.
Le nouveau responsable du dossier, nouvellement président de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), Arno Klarsfeld, défend le ministre en jugeant que les Roms expulsés le sont « vers un pays où ils sont moins heureux qu’en France » mais pas vers une « destination fatale ». Il argue que sans « politique du chiffre », sans être « emmerdés administrativement par leur hiérarchie » les préfets n’agiraient pas aussi efficacement contre les sans-papiers et les occupations illégales.
Le président de la LDH, Pierre Tartakowsky, a réagi à ses propos sur France Inter, évoquant « une légèreté, une désinvolture qui n’honorent pas la République ». « On ne peut pas attendre d’Arno Klarsfeld qu’il critique la politique du gouvernement. De là à tenir des propos aussi désinvoltes, aussi irresponsables sur la politique du chiffre, c’est proprement hallucinant », a-t-il ajouté, précisant que la politique du chiffre est « là pour habiller l’horreur ».
France Terre d’Asile (FTA) a de son côté demandé, dans un communiqué, à ce qu’Arno Klarsfeld « travaille et potasse quelques fiches sur la situation des pays d’origine vers lesquels sont renvoyés des étrangers (Afghanistan, Soudan, Kosovo et RDCongo) ».

Bouches-du-Rhône – MARSEILLE

200 Roms délogés à Marseille

Lefigaro.fr - 27 septembre

150 policiers pour 200 Roms roumains : nouvelle évacuation pour les Roms du quartier de Font Vert, à Marseille. Beaucoup d’enfants en bas âge dans la population levée à 6h du matin, a précisé Caroline Godard, de l’association Rencontres Tsiganes, sur place.
La LDH s’insurge sous les traits de Bernard Eynaud, président pour la région : le camp étant ancien, les enfants scolarisés voient encore leur parcours éducatif se briser.
Il décrit un climat de tension, avec des policiers "très nombreux, hargneux et agressifs, ce qui est nouveau". Le samu social semble également marcher dans les pas des forces de l’ordre, et une journaliste de Med’in Marseille est expulsée du campement.
Le nouveau préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère, était attendu sur place, et la préfecture restait injoignable sur le moment.
Depuis le 11 août, la LDH et les associations de soutien aux Roms attendent une table ronde.
Les habitants du camp ont transité au centre d’accueil de la Madrague-Ville, un « centre de rétention qui ne dit pas son nom », avant d’être renvoyés en Roumanie, pour ceux qui l’accepteraient.

EUROPE

Un sommet des maires sur la question Rom

Leparisien.fr - 6 septembre 2011

Un « sommet des maires », organisé par le congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, s’est tenu le 22 septembre à Strasbourg pour considérer la marche à suivre pour mieux intégrer les populations roms. Environ deux cents personnes, dont plus d’un quart d’édiles, étaient attendues.
Toutes les questions liées à l’arrivée de Roms sur une commune, entre stigmatisation, clivage culturel et conditions d’installation, devaient être abordées.
Pour Keith Whitmore, élu municipal à Manchester, "la stigmatisation des Roms pose un problème, nous avons le devoir de remettre en cause cette stigmatisation et d’intégrer ces populations".
Roland Ries, le maire (PS) de Strasbourg, a fait aménager près de la gare de Strasbourg un terrain plus habitable que les lieux de vie en marge souvent investis par les Roms, avec eau, électricité, possibilité de scolarisation pour les enfants, et suivi médico-social.
Jeroen Schokkenbroek, représentant spécial su Secrétaire général pour les questions relatives aux Roms du Conseil de l’Europe, expose : "par endroits, il est politiquement suicidaire de mener une politique d’intégration des Roms, et c’est pour cela qu’il faut en parler entre maires",

Cette réunion fait suite à l’acceptation par les 27 membres de l’Union Européenne en mai dernier d’un plan d’action pour des politiques nationales d’intégration des Roms.

Italie

Communiqué - Conseil de l’Europe

Newspress.fr - 7 sept

« La situation des Roms et des Sintis en Italie demeure très inquiétante. Il convient de mettre l’accent non plus sur les mesures coercitives telles que les expulsions et les éloignements forcés, mais sur l’intégration sociale et la lutte contre la discrimination et l’antitsiganisme », a affirmé Thommas Hammarberg, Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, au cours de son voyage en Italie des 26 et 27 mai derniers. Un déplacement motivé par de violentes expulsions de Roms et de Sintis menées récemment par les autorités italiennes.
« Les autorités italiennes devraient respecter les normes internationales et du Conseil de l’Europe en matière de logement et d’expulsions et rendre la situation pleinement conforme à la Charte sociale européenne révisée. », a exprimé le Commissaire.
Il a rappelé que le racisme devait être puni par la loi de façon systématique, et les victimes mieux prises en charge.
Il a par ailleurs abordé la situation des Roms apatrides venus d’ex-Yougoslavie, dont la population avoisine les 15 000 personnes sur le territoire italien, et appelle à la création d’un « groupe de travail spécial à l’échelle nationale » chargé de veiller à l’intégration des Roms et des Sintis. L’extradition des migrants dans des pays où leur sécurité est menacée devrait également, selon lui, être évitée, comme les expulsions collectives. Le regroupement familial et l’accès à la naturalisation devraient être facilités aux migrants.
M. Hammarberg a également évoqué le problème de responsabilité en cas de sauvetage en mer de migrants entre Malte et l’Italie, et a pointé l’importance de placer la vie d’une personne avant son statut de citoyen.
Enfin, il a appelé à améliorer les conditions d’accueil des migrants, en développant l’appui du SPRAR (Système de Protection des demandeurs d’Asile et des Réfugiés), subventionné par les fonds publics, soutenu par un réseau local et des ONG.

REPUBLIQUE TCHEQUE

Nouveaux remous des milices d’extrême-droite

RFI fr – 21 septembre

Le week-end du 17 et 18 septembre, la police a dû empêcher une nouvelle fois des partisans du régime d’extrême-droite de pénétrer dans des ghettos de Roms de trois villes en Bohême du nord. Une manifestation avait été organisée, dans laquelle les extrémistes s’étaient intégrés. Des tensions se sont installées depuis la mi-août dans cette région entre les habitants Roms et non-Roms.

SLOVAQUIE

Roms en Slovaquie : le travail comme seul objectif

Lefigaro.fr - 21 Sept

Une manifestation comptant quelques centaines de Roms venant des régions les plus pauvres de Slovaquie s’est déroulée dans le calme ce 21 septembre à Bratislava.
"Nous ne réclamons pas des aides sociales, nous voulons du travail", a exprimé au journal SME un des participants venu de l’est de la Slovaquie, où le chômage touche un tiers des habitants. Les Roms de Slovaquie sont répartis dans 600 villages, souvent sans eau ni électricité.
Le dernier recensement chiffre à 89.000 le nombre de Roms sur le territoire slovaque, mais selon un ethnologue de l’Académie slovaque des sciences, Arne Mann, ils seraient quatre fois plus nombreux.

BULGARIE

Manifestations anti-roms en Bulgarie

Le monde.fr - 28 sept

Depuis le 24 septembre, des émeutes dirigées contre les Roms secouent toute la Roumanie. Au départ des faits, la mort d’un jeune homme de 19 ans, Angel Petrov, renversé par un minibus appartenant potentiellement à un ponte de la mafia rom. Partant du village de Katounitsa, d’où la victime est originaire, les manifestations de la jeunesse bulgare, aux revendications profondes anti-chômage anti-mafia, ont tourné à l’émeute raciale.
Le ministère de l’intérieur a rapporté 168 arrestations de personnes armées, et 2200 manifestants dans 14 villes bulgares, dont Sofia, la capitale.
Dans le village de Katounitsa, la maison du chef de clan rom Kiril Rachkov, aussi surnommé le « Tsar gitan » ou le « Roi Kiro », a été incendiée, ainsi que des voitures appartenant à des membres de sa famille.
Les habitants accusent l’homme de harcèlement mafieux, de production illégale d’alcool, de proxénétisme et de gestion d’un réseau de mendicité, entre autres. Il avait été condamné sept fois sous le régime communiste pour corruption, puis amnistié en 1990 et jamais inculpé depuis. En 1998, il aurait créé un parti politique afin de faciliter l’intégration des Roms (9% de la population) à la vie politique en Bulgarie. En fait d’intégration, on parlait plutôt de "commerce de voix"…
Cette fois, le catalyseur du désespoir de la jeunesse bulgare a été arrêté à Sofia, le 28 septembre.
Le pays, interpellé de nombreuses fois par Bruxelles, ne parvient pas à lutter efficacement contre le crime organisé.


 
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